ASSOCIATION DES CONTRIBUABLES DE L'HERAULT ACH34

ARCHIVES: TRIBUNE --PAGE OUVERTE AUX CONTRIBUABLES


 

Le Crédit Lyonnais à notre débit ...(octobre 2003)

Un contribuable nous a fait parvenir la lettre suivante :

"Nous, les contribuables, avons déja été pénalisés pour réparer les énormes déficits que la gestion calamiteuse (le mot est faible!) des dirigeants de cette banque publique avait générés, sans pour autant que soit recherchée la responsabilité des décideurs de l'époque. C'était déja scandaleux !

Mais aujourd'hui il y a mieux.

Pour éviter que le Crédit Lyonnais ne soit impitoyablement sanctionné par la justice américaine, notre gouvernement a accepté un arrangement financier dont il nous demande, à nous contribuables, d'assurer le paiement...

De qui se moque-t-on? Les entreprises nationales sont-elles à ce point intouchables ? Ce sont les responsables des malversations pointées par les juges qui devraient payer la note, et ce quelle que soit leur couleur politique.

Mais le passé (sang contaminé, affaire Elf, etc.) est là pour nous montrer que ce n'est pas le cas.

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Supputations d'un contribuable(octobre 2003)

Un membre de l'ACH nous a fait parvenir la lettre suivante :

" La canicule me fait délirer en ce mois d'août où mon bon Mr Raffarin, qui sans doute surchauffe également sur les pentes de Combloux, propose à la France d'en bas d'offrir le fruit du labeur d'un jour férié à nos aînés.

Ce n'est qu'une piste parmi d'autres, s'empresse-t-il de préciser !

Pourquoi pas, me dis-je, j'ai beaucoup de respect pour ceux et celles qui nous ont mis au monde, qui se sont battus pour notre liberté, et qui ont travaillé beaucoup pour nous assurer la situation correcte que nous connaissons. Nous avons une dette envers eux !

Je suis donc d'accord pour offrir mon travail d'un jour à cette noble cause! Cela me permettra au moins de connaître l'utilisation du gain d'une journée. Et cela aussi c'est une piste. Je souhaite maintenant explorer toutes les autres pistes. Combien de jours de travail me coûtent : le remboursement de la dette de l'Etat, les 24 nouveaux sénateurs, le train de vie somptueux du Parlement, le trou du Crédit Lyonnais et celui de la Sécurité sociale, le clientèlisme, les grèves de la SNCF, les plasticages en Corse, les gaspillages de l'administration, l'absentéisme qui y règne, la démotivation et la volonté de ne pas s'améliorer, de ne pas se réformer, les dépenses toujours en progression des élus locaux. Etc... Etc...

Un contribuable français travaille en moyenne du 2 janvier au 14 juillet pour l'Etat. Combien de jours de travail représentent les dysfonctionnements que je viens d'énumérer?

On pourrait sans doute apporter un grand "plus" à nos seniors en réduisant un peu les "dysfonctionnements". En attendant, cela ne nous dispense pas de leur accorder un peu d'attention et moins d'indifférence."

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Retraites des fonctionnaires : ce que l'on ne vous dit pas (avril 2003)

Attention,  Contribuables de France et particulièrement de Montpellier et de l'Hérault : plus cela change plus ce sera pareil.

L'on nous dit « Rassurez-vous, on ne remplacera qu'un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et ainsi la dépense diminuera ». Belle idée en soi, mais qui relève du subterfuge pour nous faire croire que les dépenses publiques, c'est-à-dire nos impôts, vont baisser à la suite de cette décision.

Eh bien! détrompons-nous, au contraire la dépense va augmenter ! La démonstration est simple, mais il suffisait d'y penser. L'Etat n'ayant jamais gardé en réserve les cotisations des salariés de la fonction publique, ni ses propres cotisations en tant qu'employeur comme l'ont toujours fait les Caisses de retraite du secteur privé, la dépense des pensions servies aux retraités du public sont prises chaque année sur le budget de l'Etat, tout comme il en est des pensions versées par les collectivités locales pour ce qui concerne leurs propres budgets. Il n'y a pas eu de cotisations mises de côté : il y a eu augmentation des dépenses ! Les fonctionnaires ne touchent pas une retraite payée par les cotisations des actifs : ils touchent une pension payée par les impôts des contribuables.

La conséquence de cette situation est limpide : les contribuables vont continuer à payer la charge des nouveaux "retraités" du public à la place de leurs salaires antérieurs, en gros à 75 % et en plus paieront les traitements des nouveaux embauchés en remplacement.

En quelque sorte, l'Etat sait compter dans une martingale totalement nouvelle et inédite : 2 + 1 = 1, mais qui s'apparente en fait à un vrai mensonge par omission.

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Gouverner, c’est prévoir, parait-il. (avril 2003)

Un membre de I’ACH nous fait part de ses réflexions:

“MM. Fréche et Vézinhet passent leur temps à pleurer sur le désengagement de l'Etat central qui entraîne une baisse des ressources des collectivités locales. Mais ne devraient-ils pas plutôt, avant d’engager de coûteuses dépenses de prestige (nouvelle mairie, Musée Fabre, Musée de l’Algérie, Maison de l’Espagne, etc.), se préoccuper de leur financement ? Il y a de fortes chances pour que l'Etat, contraint par l’Europe à limiter ses déficits, ne réduise ses dotations aux collectivités locales. Nos élus qui s’entourent pourtant de conseillers et d’experts en économie, ont été incapables de l’anticiper. Une fois de plus, ils vont recourir à l’emprunt, reportant le financement sur les générations futures. Gouverner, n’est-ce pas prévoir?

Hélas! sommes-nous tentés de répondre. Il est vrai qu’en France les idées économiques dominantes sont toujours celles de Keynes, qui justifiait l’intervention de l'Etat dans l’économie en affirmant que "c'est le seul acteur qui voit loin», par opposition aux particuliers, lesquels sont censés vivre “à la petite semaine”. C’est donc l’Etat qui s’occupe de nos retraites, de notre santé, de nos assurances, de l’éducation de nos enfants, de notre vie culturelle, etc. Par l'Etat nous entendons ici les hommes politiques et les fonctionnaires, qu’ils gèrent l’Etat central ou les collectivités locales. Pour ce faire ils nous prélèvent 50% des richesses que nous créons par notre travail. Or, que constate-t-on, depuis 60 ans que nous vivons dans ce régime dit d’Etat providence?
On constate que, dans tous les domaines précités, les hommes de l’Etat ont plutôt géré “à la petite semaine”, alors que les particuliers, eux, prennent des décisions à l’échelle d’une vie entière (faire des études, choisir une carrière, fonder une famille, épargner pour la retraite complémentaire). Aucune des grandes réformes dont la nécessité est évidente depuis 20 ans (retraites, enseignement, justice, sécurité sociale, fiscalité, immigration, dette de l’Etat, etc.) n’a été accomplie par les hommes politiques. Les problèmes ont constamment été renvoyés sur les générations futures. Comme si gouverner c’était précisément ne pas prévoir.

Explication l’horizon des hommes politiques ne dépasse pas cinq ans. C’est celui des prochaines élections. Pas question de prendre des décisions qui pourraient mécontenter tel ou tel groupe d’électeurs. En attendant, on se contente de distribuer le plus possible d’avantage visibles à tel ou tel groupe, en noyant son coût dans la masse du budget. Gouverner, c’est arroser.

Cela est vrai aussi sur le plan local. A Montpellier par exemple, le budget de la ville sert à arroser toutes sortes de clientèles électorales (voir notre édito), mais des problèmes vieux de 30 ans n’ont toujours pas de solution: la rocade, le traitement des ordures, la propreté des rues, l’entretien des écoles, la mendicité. Les seuls problèmes, au fond, pour lesquels une municipalité est vraiment nécessaire.

Alors que les particuliers doivent prendre des décisions à l’échelle d’une vie entière, ils ne sont nullement aidés en cela par l’Etat et les collectivités locales qui, non contents de leur prélever des ressources énormes, sont pour eux une source d’incertitude majeure. Ne serait-ce, par exemple, qu’en modifiant constamment le taux des divers impôts ou les dérogations possibles. Sans parler des P.O.S. Sans. Sans parler des règles du mariage, de la durée du travail, de l’âge du départ en retraite, du loyer de l’argent, des expropriations, etc. L’Etat est celui qui change les règles du jeu pendant la partie.

De ce point de vue les prochaines lois de décentralisation, en laissant les élus locaux libres de créer de nouveaux impôts et d’augmenter sans contrôle les taux des impôts existants, va encore aggraver l’incertitude et la précarité dans laquelle nous devrons prendre les décisions pour gérer notre vie.

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Un militant nous communique (janvier 2003)

Vox clamat in deserto : « Vous prêchez dans le désert », c'est ce que beaucoup de gens nous disaient il y a un certain temps, comparant même notre combat à celui de Don Quichotte contre les moulins à vent.

Mais ce temps n'est plus et devant nôtre opiniâtreté et la solidité de nos arguments, les idées cheminent dans la tête d'un certain nombre de dubitatifs, voire d'opposants à l'origine. Ce qui entraîne une adhésion significative aux thèses que nous défendons, basées sur des réalités présentes et des dangers à venir (la prochaine décentralisation !).

C'est notre cadeau de Noël et nous avons bien l'intention de poursuivre et d'intensifier notre « croisade » au cours de cette nouvelle année

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La S.A.G.E. de Frontignan, un bon fromage (avril 2002)

Un adhérent de Villeneuve-les Maguelonne nous a fait parvenir cette lettre.

La S.A.G.E. (Société d’Aménagement de la Garrigue et des Etangs), société d’économie mixte (SEM), fut créée le 1er septembre 1994, à l’initiative de cinq communes : SÈTE, FRONTIGNAN, BALARUC-les-BAINS, BALARUC-le-VIEUX et VILLENEUVE-les-MAGUELONNE.

Venaient s’y ajouter comme administrateurs la Caisse des Dépôts et Consignations, le Conseil général de l’Hérault, la Caisse d’Epargne du Languedoc-Rouss. et la Société Centrale pour l’Equipement du territoire (SCET).

De 1995 à 1998, cette SEM a affiché des pertes importantes dans son bilan :

1995 : 102 120 000 F de pertes pour un chiffre d’affaires d’environ 5 milliards de F.

1996 : 447 417 000 F de pertes pour un chiffre d’affaires d’environ 16 milliards et demi de F.

1997 : 2 milliards de pertes pour un C. A. de 24 milliards !

1998 : Perte équivalent à plus de la moitié du capital social !

Ce n’est qu’à partir de 1999 qu’elle commença à faire des bénéfices mais en perdant toujours une partie de son capital...

Dans n’importe quelle entreprise privée, le conseil d’administration aurait mis la direction dans l’obligation première de rétablir au moins l’équilibre des comptes.

Que croyez-vous qu’on fit dans cette société à majorité de capitaux publics ? Et bien, on augmenta les salaires du directeur général et du directeur technique ! Mais si.
En application d’une convention passée entre la SCET et la SAGE, le directeur de celle-ci a vu son indemnité annuelle passer à 867 095 F en 1998 (soit plus de 72 000 F par mois) ...

Quant au directeur technique, il fut gratifié de 548 430 F annuels, pour 80 % de son temps de travail, ce qui équivaut à un traitement de 57 128 F par mois (note en date du 08/06/1999 du Commissaire aux comptes dans le cadre du rapport annuel aux actionnaires).

Question : les conseillers municipaux des collectivités locales concernées ont-ils connaissance de ces bilans ? Si oui, ont-ils réagi et demandé des explications au nom des électeurs-contribuables qu’ils représentent ?

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Le mythe des " citoyens non imposables " (avril 2002)

Un adhérent nous fait part de ses observations.

Le patron de M.Dupont réussit à satisfaire une clientèle en lui vendant un bien ou service.

Dans le chiffre d'affaire annuel de son entreprise la main d'œuvre intervient pour un montant de 39.910 €.

Dans l'année, il verse un salaire brut à M.Dupont, son seul salarié, de 28.507 € après prélèvement des charges patronales.

Les charges salariales décomptées, sur les feuilles de paye de M.Dupont, lui laissent un salaire net annuel de 22.623 € soit 148.397 F (ce qui fait un salaire mensuel de 12.366 F )

Lors de sa déclaration d'impôt sur le revenu M.Dupont (marié 2 enfants) calculant son salaire imposable, trouve 16.277 € et s'aperçoit, avec grande satisfaction, qu'il est exonéré du paiement de l'IRPP.

Il ne réalise pas que les prélèvements, entre ce qu'ont payé les clients et ce qu'il peut dépenser, se chiffrent à 17.287 €.

Lorsque M.Dupont subviendra aux besoins de sa famille (en admettant que la répartition de ses dépenses soit conforme au budget type de l'UNAF pour 2001) il dépensera :

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Les Suisses, peuple étrange (avril 2002)

La Suisse est le pays où se pratique le mieux ce que l’on pourrait appeler la démocratie directe. Les citoyens ne se contentent pas d’élire des représentants tous les 4 ou 5 ans. Ils sont en outre fréquemment consultés par référendum sur les questions de société : éducation, octroi de la nationalité, immi-gration, insécurité, etc.

Il y a quelques semaines, on leur a demandé : “Voulez-vous que la semaine de travail soit ramenée de 42 h à 35 h comme en France ?”. Ils ont répondu NON à plus de 72%.

En 2001, un référendum portait sur la fonction publique. Savez-vous ce que les Suisses ont décidé ? De SUPPRIMER le statut de fonctionnaire. Plus d’avantages particuliers. Le même droit du travail que dans le privé. Et notamment la possibilité de licencier ceux qui ne donnent pas satisfaction. Ces gens-là sont des sauvages, à n’en pas douter.

Comment font-ils pour être plus riches que nous, avec un taux de chômage parmi les plus bas du monde, et un système fiscal parmi les moins spoliateurs ?

Et, en plus, leurs rues sont propres !

Vous payez encore l’électricité ?(janvier 2002)

A l’occasion d’un fait divers relaté dans la presse régionale le 19 décembre dernier, nous apprenons de la Direction montpelliéraine d’EDF que, dans le département de l’Hérault, il y a environ 6 000 foyers qui bénéficient du Fonds d’aide à l’énergie (FAE), c’est-à-dire du “maintien minimum à leur domicile d’une alimentation électrique de l’ordre de 3 000 watts”, assorti d’un tarif super-réduit, ou même sans payer du tout.

Si vous êtes “en difficulté” et ne pouvez payer votre facture d’électricité, vous pouvez soit contacter les services sociaux du département, soit ceux de la commune; soit contacter directement l’agence EDF où vous attendent des “conseillers solidarité” (cela ne serait-il pas du chevauchement de compétences ?). Mais pas de problème : on ne vous coupera pas le jus !

Cette situation est la conséquence d’un amendement à la loi sur la “modernisation du service public de l’électricité”, loi votée par le Parlement en février 1999, amendement proposé par les communistes au nom du principe - inclus dans la loi - du “droit à l’électricité pour tous”.

Et, tenez-vous bien, cette loi répond au souci “d’éviter les débordements” d’après le secrétaire d’Etat à l’industrie, Christian Pierret (Le Figaro du 19 février 1999). Il est vrai qu’avec 3 000 watts, vous ne pouvez pas à la fois brancher la climatisation et l’épurateur de la piscine.

En vain certains députés comme Léonce Deprez ont protesté en disant : “On ne peut pas institutionnaliser les Français à deux niveaux” (dans Le Figaro du 19 fév. 99).

C’est pourtant ce qui se passe. Si vous êtes travailleur et honnête, vous payez plein pot, y compris pour les autres, il faut bien qu’EDF équilibre ses comptes. Sinon, vous avez droit à “l’électricité pour tous” sans payer.

Dans l’Hérault, 6 000 ménages ont choisi “l’électricité pour tous”.

Pourquoi pas vous ?

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Tout sauf l’indifférence ... (janvier 2002)

Nous avons reçu la lettre suivante :

Adhérent de l'Association des Contribuables de l'Hérault depuis longtemps, je ne peux être entièrement d'accord avec l'article '' La démocratie du chantage'' paru dans la lettre n° 11.

La démocratie ainsi que les valeurs républicaines ne peuvent être utiles et efficaces qu'à la condition que tous les citoyens, ou tout au moins la majorité la plus civique d’entre eux, s’impliquent fortement pour surveiller et contrôler, à tous les niveaux, les agissements des élus afin qu’ils respectent l’intérêt général et leur programme électoral.

Or, on ne peut que constater l’apathie (pour ne pas employer de terme plus désobligeant) d’une grande majorité d’entre nous qui s’estiment probablement déchargés de toutes responsabilités civiques par le seul fait d’avoir mis un bulletin dans l’urne.

Donc, ne faire porter la responsabilité de la situation fiscale actuelle de Montpellier, de l’Hérault, de la région ou du pays, qu’aux seuls élus ou hauts fonctionnaires, même s’ils sont notoirement autocrates, gaspilleurs ou incompétents et ne prennent en compte que leur seul intérêt électoral ou clientèliste, revient à prendre les effets pour les causes !

Ainsi, pour s'en tenir au plan local :

Il doit y avoir au moins 50.000 foyers dits “contribuables” dans la communauté de Montpellier, imaginez quel poids aurait une association regroupant 5.000 adhérents ( 10 % seulement des citoyens concernés !) dont 500 ( 10 % seulement des adhérents !) qui agiraient et militeraient réellement !

Nous sommes, en France, indiscutablement en démocratie et, aussi cruel que ce soit de le dire, nous avons les élus que nous méritons !

A chacun d’entre nous d’y réfléchir et d’en tirer les conséquences ! Hors de cet effort : pas de salut !

 

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Les enseignants payés pour faire grève

On se souvient qu’entre février et avril dernier, de nombreuses écoles du Gard et de l’Hérault ont été paralysées par une grève des instituteurs, grève également suivie dans quelques collèges et lycées. Les grévistes, qui réclamaient une nouvelle fois 1 embauche de fonctionnaires supplémentaires, insistaient alors sur les "sacrifices financiers” qu’ils allaient consentir "pour le bien de nos enfants”.

Midi Libre a révélé dans son numéro du 5 septembre dernier à combien s’élèvent ces "sacrifices financiers”: à trois journées de salaire ! Pour neuf semaines de grève, on a retenu aux grévistes trois journées de salaire, du moins à ceux qui se sont déclarés.

Car il faut savoir, pour prendre toute la mesure du scandale, que l’administration ne pointe pas les grévistes dans le Primaire (ni dans le Supérieur). C’est aux enseignants eux-mêmes de se déclarer grévistes ou non-grévistes après coup, sur un imprimé que leur envoie l’administration. Il est donc très facile de tricher.En outre, dans de nombreuses écoles qui ont été “occupées” par des parents d’élèves complices, les instituteurs n’ont eu aucun scrupule à se déclarer "non-grévistes” : ils étaient à leur poste, mais “empêchés” de faire la classe! Neuf semaines payés à boire le café et à manifester. Payés avec nos impôts.

Il faut savoir aussi que chaque journée de grève déclarée n’occasionne qu’une retenue de un trentième du salaire mensuel. C’est un traitement de faveur, puisque le nombre de jours de présence d’un enseignant est très inférieur à 30 jours par mois. Ainsi, un professeur qui vient 3 jours par semaine à son lycée (c’est fréquent) peut faire une grève totale un mois durant. on ne lui retiendra que 12 jours de grêve (4x3 jours). Il touchera quand même plus de la moitié de son salaire (18 jours).

La retenue salariale est la seule sanction encourue pour fait de gève. On n’a jamais vu un enseignant mis à pied, muté ou renvoyé pour fait de grève abusive.

Ces privilèges incroyables, dont les enseignants bénéficient depuis des lustres, constituent un véritable encouragement à faire grève. Ils résultent de la toute puissance des syndicats qui cogèrent lEducation nationale avec le ministre. Et le cas Allègre prouve bien qu’un ministre ne peut aller contre les syndicats. Ce qui est aussi le cas dans bien d’autres secteurs de la Fonction publique.

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Billet d'humeur: "La valse des millions"

22 heures 30 le conseil municipal du 28 juillet 2000 est commencé depuis 18 heures (l'ordre du jour comprend 125 questions !) et nous n'en sommes toujours pas à la présentation du budget supplémentaire, ce qu'attendent les deux représentants de l'ACH présents à cette heure. Il reste en tout 4 observateurs à la tribune; les bancs sont durs, faits de 4 cylindres métalliques, sans dossier, moyennageux; dans la salle certains conseillers sont déjà partis...

Enfin, point n° 70, la présentation du budget supplémentaire de près de 1 milliard de francs. Que retenir? au delà des mouvements comptables, de nouvelles dépenses sont programmées 30,9 Millions de Frs pour le fonctionnement (dont 7 millions pour les 35 heures....), 47 pour l'investissement, à ajouter à ce qui avait été déjà prévu. Des impondérables peuvent se produire certes, là ce n'est pas vraiment le cas, il y a peu le maire annonçait puis aussitôt redistribuait "une cagnotte", comme au gouvernement... ! Ne pouvait-on attendre et l'utiliser en cas d'absolue nécessité ?

Les millions sont vraiment très volatiles dans la bouche de l'adjointe aux finances; les citoyens qui durement économisent pour payer leurs impôts sont transparents aux yeux de ces élus-là. Pour tout contribuable une séance du conseil municipal "vaut le voyage", au minimum "le détour" pour qu'ils puissent se rendre compte du peu de cas qui est fait de leurs deniers

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La France championne de la corruption

L’ affaire Méry, venant s’ajouter à tant d’autres, vient confirmer s’il en était besoin le degré élevé de corruption qui règne dans notre pays. L’organisation indépendante Transparency International a d’ailleurs classé la France au 20ème rang des pays développés en ce qui concerne le niveau de corruption. Un très mauvais classement.

L’explication nous paraît simple : il y a beaucoup de corruption en France dans la mesure où beaucoup d’argent public y circule. Le classement des pays selon le degré de corruption croissant reflète à peu près leur classement selon l’importance du secteur public. En queue : les pays socialistes et ceux du Tiers-Monde qui ont choisi la voie de l’étatisation de l’économie. En tête les pays où l’Etat est réduit à son stict minimum.

Réduisez le prélèvement et la distribution d’argent public, et vous réduirez du même coup les tentations et les occasions de détournement.

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Lettre à Laetitia Casta

Laetitia Casta s’est vue reprocher une attitude “antifrançaise” pour avoir voulu s’établir fiscalement en Angleterre. Nous lui disons “Si vous étiez montpelliéraine, vous n’auriez pas d’état d’âme car à Montpellier, lorsque les contribuables s’adressent au maire pour protester contre la lourdeur des impôts locaux, celui-ci leur rétorque (lorsqu’il daigne répondre) partez !" Selon plusieurs témoignages recueillis par nous.

Entendu dans la rue: Enfin, ça arrive!
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Emplois-jeunes ou nouvelle fonction publique?

On sait que l’actuel gouvernement dès son arrivée a créé 350 000 emplois- jeunes, la plupart dans les collectivités locales. Il avait alors présenté ces emplois comme une mesure provisoire de lutte contre le chômage, une “préparation-formation” à la vie active. Il assurait qu’ils ne seraient en aucun cas transformés en postes de fonctionnaires.

A l’époque certains observateurs avaient mis ces promesses en doute.. ils avaient raison. Voilà que le maire de Beauvais, en décembre dernier, a converti la totalité de ses emplois-jeunes en emplois communaux. C’est le premier qui a osé le faire, beaucoup d’autres vont suivre. Il est même à craindre que les 350 000 emplois-jeunes, d’ici deux ans, deviendront autant de fonctionnaires territoriaux. L’Etat aura financé ces emplois pendant 5 ans, et les collectivités locales (enfin, leurs contribuables) prendront le relais pour ... 35 ans de plus, et à plein traitement.

Rappelons que d’après la dernière Enquête sur les collectivités locales de l’INSEE (chiffres de 1995), l’Hérault faisait déjà partie, avec 216 employés communaux pour 10 000 habitant, des 20 départements les plus suradministrés de France. Cela n’a pas empêché la municipalité de Montpellier de faire une ample distribution d’emplois-jeunes. Si au moins ils servaient à améliorer sérieusement le quotidien des Montpelliérains! Mais à lire dans le bulletin municipal (“Montpellier notre Ville”) de mai 99 la liste des postes offerts aux emplois-jeunes, on ne peut qu’en douter. Qu'on en juge:

Nous en passons, et des meilleures. Il n’y manque que le poste d’organisateur de tournois de cocottes en papier, qui serait bien nécessaire pour occuper les préposés à ces emplois d’opérette, s’ils veulent bénéficier de la prime de présence de Georges Frêche!

On comprend bien la raison de cette mascarade: ces postes, croit-on savoir, sont destinés aux rejetons des parents ou des amis, voire aux petits caïds des quartiers (il faut bien acheter la paix sociale). Alors, on ne va tout de même pas les mettre à la voirie ou à courir après les délinquants.

Pourtant, Montpellier s’enfonce de plus en pius dans la délinquance. Les chiffres de la Police nationale pour 1999 révèlent un nouveau bond des crimes et délits déclarés dans l’Hérault, avec un total de 78564. Les vols avec violence contre les particuliers ont notamment augmenté de 16% en un an, confirmant la troisième place de Montpellier sur le podium des villes criminogènes. Dans le bilan sur la qualité de vie dans les grandes villes de “Ca m’intéresse” de février dernier, Montpellier se voit affublé d’un taux de criminalité de 126, derrière Paris (134) et Nîmes (133) alors que la moyenne nationale est de 60. Dans le bilan général de qualité de la vie établi par ce magazine, Montpellier est passée en un an de la 7e à la 22e place des grandes villes.

Un phénomène qui n’est pas sans rappeler les ex-pays de l’Est: plus on fonctionnarise la société, plus la qualité de la vie se dégrade.

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Le gouffre sans fond de l’Ecole publique?

Autrefois on disait qu’en France tout finissait par des chansons. A présent, tout finit par l’embauche de fonctionnaires supplémentaires.

Ainsi en a-t-il été du mouvement de grève des instituteurs de l’Hérault. On se souvient pourtant comment il avait commencé par une protestation des parents contre la montée de la violence dans certains collèges et écoles de Montpellier (Les Aiguerelles, Marcel Pagnol, etc.) et de Sète.

La nomination de 630 enseignants de plus dans l’Hérault résoudra-t-elle le problème ? On peut en douter, car cela fait des années que la violence monte dans les établissements scolaires en même temps que le nombre des enseignants. Par exemple dans le primaire, le nombre d’instituteurs est passé en 20 ans (1980/1999) de 200 000 à 324 000, soit une augmentation de 60%, alors que le nombre d’élèves a légèrement diminué à 6 600 000 - ce qui donne 1 enseignant pour 20 élèves en 1999. Et on ne compte pas les 70 000 aides-éducateurs recrutés en emplois-jeunes depuis 1997, dont beaucoup sont dans les écoles primaires.

La clé du problème ne réside évidemment pas dans le nombre d’élèves par enseignant, mais dans l’organisation de l’école (il y a beaucoup d’instituteurs qui sont ailleurs que devant les élèves) et surtout dans le type de pédagogie pratiquée. La pédagogie égalitariste, qui nivelle les niveaux par le bas et qui engendre le laxisme - ni exigences ni sanctions pour les élèves et pour les enseignants - est évidemment une cause majeure de la violence, car ce que les jeunes apprennent d’abord à l’école, c’est l’impunité.

Mais les syndicats d’enseignants, promoteurs de l’égalitarisme au nom de la sacro-sainte “égalité des chances”, n’ont aucune envie d’analyser ses effets pervers. C’est pourquoi ils détournent toute réaction de protestation contre les carences de l’école en mouvement de grève pour embaucher des fonctionnaires supplémentaires.

Le coût du système éducatif français ne cesse donc d’augmenter. Il était en 1998 de 620 milliards de F tout compris, soit 7,4% de notre PIB. L’effort financier des Français pour l’éducation est supérieur à celui des Américains (6,6%), des Allemands (6,2%), des Japonais (5%). A un tel prix, les résultats devraient être brillants. Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas le cas. D’autant plus que les Français doivent débourser chaque année plus de 300 milliards de F pour lutter contre le chômage, dont une des causes est bien évidemment l’inefficacité de notre système éducatif. Signalons que la Grande-Bretagne vient de ravir à la France le 4ème rang dans les puissances économiques mondiales, alors qu’elle a trois fois moins d’étudiants, et deux fois moins de chômeurs.

Parions qu’hélas! on va bientôt reparler de la montée de la violence à l’école, et que les syndicats d’enseignants réclameront des postes supplémentaires.

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