ASSOCIATION DES CONTRIBUABLES DE L'HERAULT ACH34
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Vers le bilan des fins de mandatures (Préambule de la lettre n.29 - septembre 2006)

La mandature présidentielle et législative s'achève. Pour les contribuables, il est temps de faire le bilan.

L'événement le plus marquant est sans conteste la modification constitutionnelle donnant une gestion décentralisée à la France : la "fameuse" décentralisation Raffarin qui a accordé à nos grands féodaux un pouvoir sans contrôle.

Nombre de compétences de l'Etat ont été transférées aux différentes collectivités territoriales avec des compensations financières souvent contestées pour alimenter la joute politique. Toutefois, le gouvernement s'est bien gardé de réformer la fiscalité locale.

L'ACH avait tiré la sonnette d'alarme lors des « Assises des libertés locales » en décembre 2002 : les territoires les plus pauvres sont les plus taxés, la situation ne fera qu'empirer si rien n'est entrepris pour y remédier.

Fin 2003, dans un rapport d'information, nos Sénateurs soulignent que la moitié des contribuables ne paie plus ou ne paie que partiellement la taxe d'habitation. Cette politique a une conséquence imprévue : inciter à la non-réforme de cet impôt...

Nos Sénateurs reconnaissent pourtant « une double anesthésie des contribuables et des élus locaux a, dès lors, été mise en place puisque les augmentations de la pression fiscale locale ont cessé d'être ressenties par la moitié des contribuables électeurs».

Les politiques osent se positionner en victimes du système ! Ils sont tellement anesthésiés qu'ils en oublient l'existence de la taxe foncière acquittée plein pot par les propriétaires.

Et devinez quoi ? Silence radio depuis... ils dorment…

L'ACH va les réveiller pour les prochaines élections.

Nous ne pouvons plus accepter de subir, dans l'Hérault, des taux de fiscalité locale délirants par rapport à la moyenne nationale (Montpellier toutes collectivités: Taxe d'habitation + 43%, taxe foncière bâti + 54 %, Taxe professionnelle + 48 %). Le premier garde-fou serait de remplacer l'actuel plafonnement départemental par un plafonnement national sévère, suivi d'une péréquation plus juste.

Quant au bien-fondé de la dépense, c'est une autre histoire...

Depuis 30 ans, Georges FRECHE, Président du Conseil d'Agglomération de Montpellier et Président de notre région règne sur Montpellier, il a placé André VEZINHET à la tête du Conseil Général et Hélène MANDROUX à la tête de la Mairie de Montpellier. Même s'ils ont l'air de se chicaner, la bande des trois s'entend comme larrons en foire pour pratiquer une gestion de plus en plus dispendieuse, clientéliste et propagandiste.

C'est à l'électeur de trancher en son âme et conscience et l'occasion se présente en 2007 et 2008 !

Martine Petitout

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Gabegie et enflure (Préambule de la lettre n.28 - juin 2006)

Nous avons appris récemment qu’une trentaine de personnalités montpelliéraines ont accompagné le maire Hélène Mandroux pour une semaine de tourisme et de “contacts” en Chine. Le prétexte de ce n-ième voyage aux frais des contibuables est l’inauguration d’une “Maison de Montpellier” de 200 mètres carrés à Chengdu, ville de 10 millions d’habitants, avec laquelle G. Frêche avait jumelé Montpellier en 1981.

Comme notre présidente l’a déja déclaré, nous ne voyons que gaspillage dans l’ouverture à grands frais d’une ambassade montpelliéraine en Chine, doublant le réseau du Quai d’Orsay qui est déja le plus étoffé du monde ! Nous constatons que les retombées pour Montpellier de ce jumelage depuis 25 ans sont nulles, à part un ou deux étudiants partis là-bas étudier le chinois, et inversement.

Rappelons que G. Frêche, avec ce jumelage, voulait faire de Montpellier “le point d’entrée de la Chine en France”. Il est vrai que les touristes chinois commencent à visiter la France. Mais la ligne aérienne que Chengdu vient d’ouvrir avec la France aboutit ... à Paris ! Quelle ingratitude !

Midi Libre voudrait nous faire croire qu’Hélène Mandroux a été reçue là-bas “comme un vrai chef d’Etat”, et il publie dans son édition du 16 mai quelques photos où elle est entourée de Chinois souriants. Mais quand on va sur le site officiel de la ville de Chengdu, on ne trouve aucune trace de sa visite. Le jumelage avec Montpellier n’y est d’ailleurs signalé que par une seule photo (de Saint Roch!), parmi les autres jumelages de Chengdu, sans aucune ligne de commentaire. Sans doute un oubli, cette fois.

Quand Mme Mandroux déclare : “Les Chinois comptent beaucoup sur nous pour avancer”, on se demande si elle a lu la fable de La Fontaine sur la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf. Chengdu est, à elle seule, cinq fois plus peuplée que tout le Languedoc-Roussillon. Et à notre avis, les Chinois savent que notre région est, avec la Corse, la plus attardée de France économiquement. Il leur suffit de lire les études d’Eurostat (voir dans ce numéro). On espère pour eux qu’ils prennent leurs modèles ailleurs.

Cela ne les empêche pas, comme le souligne l’inénarrable Bernard Fabre, de la suite d’Hélène, d’être “très demandeurs de notre aide”. Certas, tant que c’est nous qui investissons(ou qui leur achetons des oeuvres d’art pour une Biennale ratée) ils n’y voient que des avantages.

Ainsi ils ne se sont apparemment pas opposés à ce que la SERM    les aide à créer un hôpital à Chengdu, comme l’annonce Mme Mandroux. Mais en quoi la SERM, financée par les impôts des Montpelliérains, est-elle mandatée pour des projets de développement en Chine ? Cela est-il prévu par ses statuts? Pourquoi s’occupe-t-elle de doter les Chinois d’un hôpital, alors que celui de Montpellier connait l’asphyxie financière ?

Et que sont allées faire là-bas des entreprises montpelliéraines comme Sanofi, sinon pour voir dans quelle mesure elles pourraient délocaliser? Croit-on que les Chinois vont venir ouvrir des usines à Montpellier, ou bien est-ce le contraire, connaissant le coût de la main-d’oeuvre en France, et le taux record de la taxe professionnelle dans l’Agglomération de Montpellier ?

Les Chinois sont malins. Ils ont compris que la Chine était à la mode chez nous et que, pour paraître branché et d’avant-garde, il fallait faire croire qu’on avait un pied en Chine. Ils s’y connaissent en gogos à plumer.Ils ont dû bien rigoler en voyant débarquer Hélène et sa cour.

 

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Service public à la française (Préambule de la lettre n.27 - mars 2006)

Une fois de plus, beaucoup d’étudiants et de lycéens défilent dans les rues au lieu de travailler leurs examens. C’est devenu un spectacle courant en France depuis 1968. Les enseignants qui les encadrent ne se cachent même plus de les pousser dans la rue, comme ces présidents d’université qui ferment leurs facs sous prétexte d’insécurité, la veille des manifestations programmées par les syndicats.

Mais aux parents et à ceux des étudiants qui s’inquiètent de la situation, ces derniers répondent : Ne vous en faites pas. Les examinateurs auront des consignes pour ne pas être trop exigeants aux examens.” Et voilà le travail : des diplômes au contenu appauvri (déja que ...), mais en échange une “préparation civique” à la grève et aux manifestations de rue. Est-ce vraiment pour cela que les contribuables français entretiennent, à coup de centaines de milliards d’euros, le service public d’éducation,  budget le plus coûteux de l’Etat ?

Les usagers montpelliérains de la Poste grognent : depuis Noël dernier, des milliers de colis restent en souffarnce au centre de tri. La direction locale est obligée d’embaucher des intérimaires, mais c’est insuffisant. Pourquoi Parce que, devant le surcroît de travail que représentent les colis de Noël, un bon nombre de postiers de ce beau service que le monde entier nous envie, se mettent en maladie. C’est même la CGT qui l’a révélé l’année dernière, et ça recommence cette année. On a à la fois plus de colis, et moins d’agents pour les distribuer. Un coût plus élevé pour les contribuables (la maladie et les intérimaires) et un service dégradé (déja que ...).

L’absentéisme est d’ailleurs, depuis des années, deux fois plus élevé dans le public que dans le privé : 5,8% dans le privé, 13,4% dans le public d’après l’enquête de l’IFRAP publiée dans le numéro de février dernier de Société Civile.

On se souvient que Georges Frêche avait, en juillet 1999, instauré une prime de présence pour les fonctionnaires de sa municipalité : une prime que seuls touchaient ceux qui venaient travailler le matin. Les autres se contentaient de leur traitement normal. Il déplorait à l’époque que dans “certains services”, l’absentéisme touchait 14 % du personnel chaque jour.

L’IFRAP vient de publier les chiffres 2004 fournis par le bilan social  de  la  municipalité  de Montpellier (pour l’année 2003) : on y apprend que, quatre ans après l’intauration de la prime de présence, le taux d’absentéisme moyen des municipaux montpelliérains est passé à ... 21,5 %!

Vous allez me dire : qu’ils soient présents ou pas, cela ne change pas grand chose. Mais au moins eux, ils ont un emploi.

Exact. Mais cela veut dire autant de prélèvements sur la dépense des contribuables, ou autant d’alourdissement des charges sur les entreprises. Donc autant d’emplois en moins dans le secteur marchand (le seul, reconnaissons-le, qui crée des richesses).

Comme le titrait Octave Gélinier dans un article écrit en 1998 (1): A chaque fonctionnaire son chômeur  . 

Evidemment, les jeunes qui défilent dans la rue voudraient aussi un emploi à vie, assez bien payé, dans lequel on peut se mettre en grève ou en maladie sans risques. 

C’est la seule réussite du service public à la française : ils est devenu un modèle pour les jeunes. Beaucoup veulent y entrer. On les comprend. Tant que “les autres” peuvent payer!

(1) Article paru dans Le Figaro du 22 juillet 1998

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Jusques à quand ? (Préambule de la lettre n.25 - Septembre 2005)

L'ACH existe depuis sept ans déjà.

Sept ans pendant lesquels nous n'avons cessé de mettre sous les yeux des contribuables héraultais et de leurs élus, quelques vérités, dont personne avant nous ne parlait.

Nous avons montré, chiffres à l'appui, que le Languedoc-Roussillon, région la plus pauvre de France, était aussi celle qui supportait les taux d'impôts locaux les plus élevés, et que cette situation était contraire à la Constitution, qui prône l'égalité des Français devant l'impôt. Mais aucun de nos élus n'a daigné le reconnaître, et encore moins agir pour faire respecter la Constitution, alors que c'est le premier de leurs devoirs.

Nous avons aussi montré que la stagnation de l'économie régionale était directement liée à l'ampleur des prélèvements fiscaux, en asséchant le pouvoir d'achat des résidents et en faisant fuir les entreprises. Mais nos élus ne veulent rien savoir de cette analyse : l'argent de nos impôts leur est trop nécessaire pour entretenir leur clientèle électorale. Ils tiennent tout ici, comme l'a dit Frêche, mais ils sont aussi "tenus" d'arroser toujours plus leur clientèle : c'est la fuite en avant dans la dépense.

Nous avons enfin montré que cet état de choses était la conséquence de la première décentralisation, celle des lois Defferre de 1982. Car c'est depuis cette date que les impôts locaux ont augmenté en France à un rythme double de celui du Produit Intérieur Brut. Dans notre région, on paie désormais plus d'impôts locaux que d'impôts sur le revenu. Et nous avions annoncé que la deuxième décentralisation (Raffarin 2002) n'allait pas permettre de "rationaliser la gestion des collectivités locales" ni de "réaliser des économies", comme nous l'assurait toute la classe politique, mais qu'au contraire elle allait libérer les élus locaux de leurs derniers scrupules à ruiner leurs concitoyens.

C'est chose faite. En ce moment arrivent les premières feuilles d'impôts locaux pour 2005 (taxes foncières). Les contribuables peuvent constater l'ahurissante progression d'une année sur l'autre de la gourmandise de nos élus (+5% pour Vézinhet, +84% pour Frêche ...). La région va rester en tête des plus taxées et son sous développement va s'accentuer.

Jusques à quand ?

Cette question devient obsédante. Car si nous appelons de tous nos voeux une révolte des contribuables, nous ne la voyons pas venir. En-dehors de quelques lettres indignées dans la presse de septembre, les contribuables continuent de raser les murs, sur lesquels s'étale la propagande des potentats locaux.

Le Languedoc-Roussillon n'est pas différent en cela du reste de la France. On est effaré de voir la classe politique, ignorant les mises en garde qui tombent de partout, multiplier les promesses de subventions de l'Etat et les embauches de fonctionnaires. "La société française est devenue une machine folle qui ne peut qu'augmenter la dépense publique jusqu'à la catastrophe finale", prédisait déja François de Closets en 1999.

Y aura-t-il un sursaut avant la catastrophe ?

Les Anglais ont eu ce sursaut. Il y a 20 ans, Margaret Thatcher a réduit les dépenses de l'Etat et recentralisé l'administration de son pays, au moment où, après l'élection de Mitterrand, nous faisions l'inverse. "Pauvres Anglais !" disions-nous à l'époque. A présent, ils rachètent nos maisons.

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Halte à Vézinhet-Big Brother ! (Préambule de la lettre n.24 - Avril 2005)

La dernière foucade de M. Vézinhet, c’est de faire couvrir tout l’Hérault avec un réseau de communication électronique haut débit, à base de câbles de fibre optique : 800 km de câblages, enterrés ou pas, et 133 répartiteurs censés permettre un accès confortable à l’ADSL aux utilisateurs que nous sommes. Ce réseau, qui deviendrait propriété du Conseil général, serait mis en place par un opérateur privé, LDSogetrel, qui l’exploiterait dans le cadre d’une délégation de service public. Lequel opérateur se voit promettre une subvention de 25 millions d’euros, alors que la première estimation du coût avait été de 8,75 millions ... mais, comme pour son bâtiment Hérault Culture Sport, M. Vézinhet va nous dire que les dépassements de budget, “c’est classique”! (1)

Cette décision est surprenante à un double titre. D’abord parce quil existe déja un réseau couvrant 95 % du département et faisant parfaitement l’affaire : le réseau ADSL de France Télécom.

Ensuite parce que M. Vézinhet se répand partout en lamentations sur la situation critique des finances du département, la faute à l’Etat selon lui : “Le déficit attendu et estimé est astronomique. En 2006, nous serons dans une impasse” déclare-t-il dans Midi Libre du 5 avril dernier. Alors pourquoi une telle dépense dont le caractère superflu saute aux yeux ?

Les explications données par le sénateur de l’Hérault sont peu convaincantes : il juge incomplet le réseau de France Télécom, et d’un débit trop faible. Or, France Télécom s’était engagé à couvrir gratuitement les 5% restants, et à augmenter le débit. Il a été repoussé quand même par M. Vézinhet. Lequel jure que ... au final (dans 25 ans), le réseau doublon ne coûtera rien aux contribuables. Ben voyons !

Nous ne connaissons pas tous les dessous de l’affaire, notamment financiers. Mais peut-être qu’une des raisons de l’obstination du président du département se trouve, une fois de plus, dans la mégalomanie du personnage qui veut poser, à grand renfort de campagnes médiatiques, en bienfaiteur des populations héraultaises. Après Vézinhet le grand guichetier, Vézinhet le grand mécène, Vézinhet le grand bâtisseur, voici Vézinhet le grand haut-débiteur ! Du social, du culturel, du sport, du modernisme, il n’en finit pas de retoucher sa statue. Et de distribuer des rallonges ...

Ce projet nous semble cependant particulièrement dangereux. Car enfin, si le Conseil général devient propriétaire du réseau haut débit, qui empêchera Vézinhet de nous bombarder de publicités vantant ses oeuvres, de spots et d’émissions télé à la gloire de l’illustre président ? Pourrons-nous nous brancher sur un site quelconque sans voir apparaître un bandeau nous rappelant que c’est grâce à Vézinhet ?

Cette stratégie à la Big Brother a sans doute germé dans le cerveau du n°1 départemental en constatant que les tonnes de ses journaux qu’on fourre dans nos boîtes aux lettres vont directe-ment à la poubelle. Et puis gâcher du papier, ça déplaît à ses amis écologistes. Avec la “com” électronique, Vézinhet arrivera directement dans notre salon. Proprement. Et à nos frais : 25 millions d’euros pour commencer.

C’est pour parer à ce danger, et pour endiguer le gaspillage de notre argent, que notre association a attaqué devant le Tribunal administratif de Montpellier la délibération du 17 décembre 2004 par laquelle le Conseil général a lancé le projet haut débit pour l’Hérault.

Bien nous en a pris. Le juge administratif a suivi notre analyse, et suspendu la délibération. Mais la lutte ne fait que commencer.

(1) Voir notre article "Vézinhet la rallonge" page WEB du Département

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L'intérêt général (Préambule de la lettre n.23 - Janvier 2005)

En arrivant à la tête de la Région, Georges Frêche ne se gêna pas pour mettre au placard tous les cadres qui lui déplaisaient et pour annuler toutes les subventions promises par son prédécesseur. Il les remplaça par "ses" cadres et "ses" subventions. Et pour justifier ce comportement de satrape, il n'eut aucun scrupule à faire appel à l'intérêt général : "Il faudra que la Région fonctionne désormais uniquement dans l'intérêt général, et (non) plus simplement au bénéfice de quelques privilégiés" (déclaration parue dans Midi Libre le 25 juin 2004).

En fait, tous les élus prétendent agir "dans l'intérêt général". C'est pour eux l'argument-massue, auquel ils font appel d'autant plus facilement que personne ne peut dire ce qu'est l'intérêt général. Aussi étrange que cela paraisse, on ne trouve aucune définition de l'intérêt général ni dans la Constitution ni dans aucun code ou texte de loi. On n'y trouve que des tautologies du genre "L'action de l'Etat vise l'intérêt général" et "L'intérêt général, c'est ce qui inspire l'action de l'Etat". Pour s'en convaincre on pourra aller consulter sur le site Internet du Conseil d'Etat les nombreux textes consacrés à l'intérêt général.

L'Etat en France sous ses multiples formes nationales et locales s'est donc développé sans frein durant deux siècles à l'abri de ce concept fourre-tout. Sous prétexte d'intérêt général, de plus en plus de domaines ont été fonctionnarisés ou subventionnés. Après les transports et la voirie, l'enseignement et la poste, les assurances sociales et la retraite, l'argent public va maintenant au sport, à la culture et - pourquoi pas - aux loisirs. Tout peut être une question d'intérêt général. Il n'y a qu'à prendre la liste de nos ministères, qui stupéfie bon nombre d'observateurs étrangers.

Nous, contribuables de l'Hérault, ne voulons plus laisser les élus utiliser notre argent pour financer qui bon leur semble au nom de l'intérêt général. Ainsi nous attaquerons en justice le conseil municipal de Montpellier qui a décidé, le 20 décembre dernier, d'allouer plus de 400 000 euros à une association de francs-maçons. Si l'argent public va à des sociétés secrètes, qui peut garantir qu'il n'y a pas de bénéficiaires parmi ceux-là même qui ont voté la subvention ?

L'Etat en France est ainsi devenu une énorme machine écrasant d'impôts les uns pour distribuer aux autres, cédant aux diverses corporations en fonction de leur pouvoir de nuisance, et permettant aux politiciens de s'acheter des clientèles électorales. Cette foire d'empoigne qu'est devenue notre vie politique, n'a évidemment rien à voir avec une quelconque recherche de l'intérêt général. Et le fait que beaucoup de Français ont pris l'habitude d'attendre de l'Etat des moyens d'existence, ne change rien à cette réalité qu'avait bien su voir Frédéric Bastiat dès 1850 : L'Etat (ou l'intérêt général) "c'est la grande fiction à travers laquelle chacun essaie de vivre aux dépens de tout le monde".

Cette fiction n'a pas cours dans d'autres pays. Pour les anglosaxons par exemple, il ne peut y avoir d'intérêt général. Il n'y a que des intérêts particuliers, qui peuvent prospérer dans la mesure où on laisse les individus travailler et échanger librement. L'Etat n'est là, en principe, que pour protéger les citoyens de la violence, et la constitution n'est là que pour protéger les individus des empiètements de l'Etat. C'est sans doute pourquoi, dans nombre de ces pays, le domaine de l'Etat a reculé au cours des vingt dernières années, les impôts ont baissé et la croissance économique a été bien plus forte que chez nous.

Citoyens-contribuables, voyageons et ouvrons les yeux ! Allons nous rendre compte par nous-mêmes.

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Le prix de l’incompétence (Préambule de la lettre n.22 - Octobre 2004)

Pourquoi avons-nous besoin d’une municipalité et d’employés municipaux ?

Uniquement pour un petit nombre de tâches indispensables dans le ressort de notre habitation : la voirie, les écoles, l’urbanisme et le traitement des ordures ménagères. Cela, c’est du nécessaire, qui justifie que l’on paye un impôt local lié à notre résidence. Tous les autres domaines sont du superflu : les bâtiments de prestige, les festivals, les maisons de la culture, les pépinières d’entreprises, le financement des associations, l’assistanat, la communication, le soutien à des clubs sportifs, la promotion de la ville à l’étranger, etc. Pour tout cela on n’a nullement besoin d’argent public ni de fonctionnaires municipaux.

Tout observateur de la vie montpelliéraine peut témoigner que, depuis 30 ans, au prix d’augmentations d’impôts record (voir dossiers), on a fait beaucoup de superflu, mais on n’a pas réglé les problèmes essentiels concernant précisément :

la maîtrise du foncier : l’emprise de la SERM, en expropriant d’innombrables petits propriétaires, a abouti à une pénurie de terrains et à la hausse vertigineuse des prix de l’habitat;

la voirie de la ville, engorgée par l’absence de rocades alors que toutes les autres grandes villes en disposent;

le traitement des ordures ménagères, pour lequel aucune autre solution que la mise en décharge n’a été programmée depuis trente ans.

La réponse de Georges Frêche a été pendant toutes ces années la fuite vers le haut : donnez-moi plus de pouvoir et plus d’argent, et je vais régler ces problèmes. Toujours plus de manettes, toujours plus d’impôts.

Le voilà enfin à la tête de la région. Il contrôle désormais tous les niveaux. Et c’est le moment où les problèmes non-résolus lui sautent à la gorge, montrant ainsi qu’il ne s’est hissé ... qu’à son niveau d’incompétence !

Car comment réagit-il, par exemple, à la mise en demeure par le préfet d’appliquer la loi et de résoudre sérieusement le problème du traitement des ordures de Montpellier ?

Ben voyons! par une augmentation des impôts de toute l’agglomération. Doublement ou triplement de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, selon les communes. Pour commencer...

Des impôts qui étaient déjà parmi les plus élevés de France au niveau de l'Agglo. Et, au niveau Région, le rattrapage est en cours : le grand Septimanien vient d’annoncer une hausse “inévitable” pour l’année prochaine.

Sans se démonter, il trouve quand même le moyen de lancer - avec notre argent - une grande campagne publicitaire sur le thème “Région : An I de la gratuité” !

Ca ne vous rappelle pas le fameux : “Demain on rase gratis” ?

Démagogie au-dehors. Matraquage au-dedans. C’est tout le talent du potentat de Septimanie. C’est toute la recette de l’incompétence frêchiste

 

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La broussaille féodale. (Préambule de la lettre n.21 - Juin 2004)

Le général De Gaulle qualifiait de "broussaille féodale" les pouvoirs locaux qui, déjà à son époque, commençaient à proliférer en France. Lui ne croyait pas que son pays souffrait d'un excès de centralisme ou d'un défaut de "proximité". Il savait, à la suite de Toqueville, que "la centralisation est le gouvernement naturel", et il avait, entre autres, lancé depuis Paris une politique d' aménagement du terrritoire qui avait réussi.

Mais hélas ! On a après lui imposé l'idée que les maux de la France provenaient du caractère soi-disant jacobin de son Etat, et qu'il fallait renforcer les pouvoirs locaux. A mauvais diagnostic, mauvais remède. La fonction publique était certes pléthorique et peu efficace, mais le remède ne consistait sans doute pas à en rajouter une couche de plus. Nous avons à présent 22 politiques d'aménagement du territoire (avec 22 aéropages, 22 budgets, 22 fois plus de bureaucrates pour s'occuper du problème)...

Les réformes appelées décentralisation, engagées dès 1982 et amplifiées de nos jours, en multipliant les centres dépensiers locaux alimentés par une fiscalité peu transparente, n'ont fait qu'aggraver les vices de notre système public, toujours plus compliqué, engorgé et coûteux; et elles ont fait surgir une caste de politiciens "de proximité" arrogants, entre les mains de qui se concentrent des pouvoirs étendus et des budgets énormes, échappant à tout contrôle sauf celui, biaisé et espacé, des urnes.

Ces réformes, les Français ne les demandaient pas. Aucun des grands problèmes du moment : insécurité, chômage, immigration, naufrage des systèmes de santé et d'éducation, n'avait besoin pour être réglé de la décentralisation. Celle-ci a été faite uniquement par les élus, pour les élus.

La mauvaise herbe féodale a maintenant envahi les régions françaises et elle étouffe peu à peu la vie des citoyens. Car la prolifération de la sphère publique locale se fait au détriment des individus et des entreprises, dont la liberté d'action est sans cesse rognée, ne serait-ce que par les hausses d'impôts. Comme sous l'Ancien Régime, ceux qui travaillent doivent porter sur leur dos des fonctionnaires et des oisifs de plus en plus nombreux, et leur sort dépend de plus en plus de potentats aussi inamovibles que les ci-devant marquis.

Cela fait trente ans que Georges Frêche règne sur Montpellier et son agglomération. Le voici à présent également à la tête de la région. Sitôt entré dans l'hôtel de région, il a fait mettre au placard les cadres déjà en place (mais les contribuables devront tout de même les payer jusqu'à la fin de leur vie) et il en a embauché 80 de plus (qu'il faudra aussi payer jusqu'à leur mort). Ensuite, il a supprimé toutes les subventions aux associations promises par son prédécesseur. Il en subventionnera d'autres, choisies par lui, gérées par ses affidés. Si ce n'est pas du féodalisme, qu'est-ce que c'est?

Citoyens du Languedoc-Roussillon, allez-vous supporter cela encore longtemps?

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Service public à la française (Préambule de la lettre n.27 - mars 2006)

Une fois de plus, beaucoup d’étudiants et de lycéens défilent dans les rues au lieu de travailler leurs examens. C’est devenu un spectacle courant en France depuis 1968. Les enseignants qui les encadrent ne se cachent même plus de les pousser dans la rue, comme ces présidents d’université qui ferment leurs facs sous prétexte d’insécurité, la veille des manifestations programmées par les syndicats.

Mais aux parents et à ceux des étudiants qui s’inquiètent de la situation, ces derniers répondent : Ne vous en faites pas. Les examinateurs auront des consignes pour ne pas être trop exigeants aux examens.” Et voilà le travail : des diplômes au contenu appauvri (déja que ...), mais en échange une “préparation civique” à la grève et aux manifestations de rue. Est-ce vraiment pour cela que les contribuables français entretiennent, à coup de centaines de milliards d’euros, le service public d’éducation,  budget le plus coûteux de l’Etat ?

Les usagers montpelliérains de la Poste grognent : depuis Noël dernier, des milliers de colis restent en souffarnce au centre de tri. La direction locale est obligée d’embaucher des intérimaires, mais c’est insuffisant. Pourquoi Parce que, devant le surcroît de travail que représentent les colis de Noël, un bon nombre de postiers de ce beau service que le monde entier nous envie, se mettent en maladie. C’est même la CGT qui l’a révélé l’année dernière, et ça recommence cette année. On a à la fois plus de colis, et moins d’agents pour les distribuer. Un coût plus élevé pour les contribuables (la maladie et les intérimaires) et un service dégradé (déja que ...).

L’absentéisme est d’ailleurs, depuis des années, deux fois plus élevé dans le public que dans le privé : 5,8% dans le privé, 13,4% dans le public d’après l’enquête de l’IFRAP publiée dans le numéro de février dernier de Société Civile.

On se souvient que Georges Frêche avait, en juillet 1999, instauré une prime de présence pour les fonctionnaires de sa municipalité : une prime que seuls touchaient ceux qui venaient travailler le matin. Les autres se contentaient de leur traitement normal. Il déplorait à l’époque que dans “certains services”, l’absentéisme touchait 14 % du personnel chaque jour.

L’IFRAP vient de publier les chiffres 2004 fournis par le bilan social  de  la  municipalité  de Montpellier (pour l’année 2003) : on y apprend que, quatre ans après l’intauration de la prime de présence, le taux d’absentéisme moyen des municipaux montpelliérains est passé à ... 21,5 %!

Vous allez me dire : qu’ils soient présents ou pas, cela ne change pas grand chose. Mais au moins eux, ils ont un emploi.

Exact. Mais cela veut dire autant de prélèvements sur la dépense des contribuables, ou autant d’alourdissement des charges sur les entreprises. Donc autant d’emplois en moins dans le secteur marchand (le seul, reconnaissons-le, qui crée des richesses).

Comme le titrait Octave Gélinier dans un article écrit en 1998 (1): A chaque fonctionnaire son chômeur  . 

Evidemment, les jeunes qui défilent dans la rue voudraient aussi un emploi à vie, assez bien payé, dans lequel on peut se mettre en grève ou en maladie sans risques. 

C’est la seule réussite du service public à la française : ils est devenu un modèle pour les jeunes. Beaucoup veulent y entrer. On les comprend. Tant que “les autres” peuvent payer!

(1) Article paru dans Le Figaro du 22 juillet 1998

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Jusques à quand ? (Préambule de la lettre n.25 - Septembre 2005)

L'ACH existe depuis sept ans déjà.

Sept ans pendant lesquels nous n'avons cessé de mettre sous les yeux des contribuables héraultais et de leurs élus, quelques vérités, dont personne avant nous ne parlait.

Nous avons montré, chiffres à l'appui, que le Languedoc-Roussillon, région la plus pauvre de France, était aussi celle qui supportait les taux d'impôts locaux les plus élevés, et que cette situation était contraire à la Constitution, qui prône l'égalité des Français devant l'impôt. Mais aucun de nos élus n'a daigné le reconnaître, et encore moins agir pour faire respecter la Constitution, alors que c'est le premier de leurs devoirs.

Nous avons aussi montré que la stagnation de l'économie régionale était directement liée à l'ampleur des prélèvements fiscaux, en asséchant le pouvoir d'achat des résidents et en faisant fuir les entreprises. Mais nos élus ne veulent rien savoir de cette analyse : l'argent de nos impôts leur est trop nécessaire pour entretenir leur clientèle électorale. Ils tiennent tout ici, comme l'a dit Frêche, mais ils sont aussi "tenus" d'arroser toujours plus leur clientèle : c'est la fuite en avant dans la dépense.

Nous avons enfin montré que cet état de choses était la conséquence de la première décentralisation, celle des lois Defferre de 1982. Car c'est depuis cette date que les impôts locaux ont augmenté en France à un rythme double de celui du Produit Intérieur Brut. Dans notre région, on paie désormais plus d'impôts locaux que d'impôts sur le revenu. Et nous avions annoncé que la deuxième décentralisation (Raffarin 2002) n'allait pas permettre de "rationaliser la gestion des collectivités locales" ni de "réaliser des économies", comme nous l'assurait toute la classe politique, mais qu'au contraire elle allait libérer les élus locaux de leurs derniers scrupules à ruiner leurs concitoyens.

C'est chose faite. En ce moment arrivent les premières feuilles d'impôts locaux pour 2005 (taxes foncières). Les contribuables peuvent constater l'ahurissante progression d'une année sur l'autre de la gourmandise de nos élus (+5% pour Vézinhet, +84% pour Frêche ...). La région va rester en tête des plus taxées et son sous développement va s'accentuer.

Jusques à quand ?

Cette question devient obsédante. Car si nous appelons de tous nos voeux une révolte des contribuables, nous ne la voyons pas venir. En-dehors de quelques lettres indignées dans la presse de septembre, les contribuables continuent de raser les murs, sur lesquels s'étale la propagande des potentats locaux.

Le Languedoc-Roussillon n'est pas différent en cela du reste de la France. On est effaré de voir la classe politique, ignorant les mises en garde qui tombent de partout, multiplier les promesses de subventions de l'Etat et les embauches de fonctionnaires. "La société française est devenue une machine folle qui ne peut qu'augmenter la dépense publique jusqu'à la catastrophe finale", prédisait déja François de Closets en 1999.

Y aura-t-il un sursaut avant la catastrophe ?

Les Anglais ont eu ce sursaut. Il y a 20 ans, Margaret Thatcher a réduit les dépenses de l'Etat et recentralisé l'administration de son pays, au moment où, après l'élection de Mitterrand, nous faisions l'inverse. "Pauvres Anglais !" disions-nous à l'époque. A présent, ils rachètent nos maisons.

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Halte à Vézinhet-Big Brother ! (Préambule de la lettre n.24 - Avril 2005)

La dernière foucade de M. Vézinhet, c’est de faire couvrir tout l’Hérault avec un réseau de communication électronique haut débit, à base de câbles de fibre optique : 800 km de câblages, enterrés ou pas, et 133 répartiteurs censés permettre un accès confortable à l’ADSL aux utilisateurs que nous sommes. Ce réseau, qui deviendrait propriété du Conseil général, serait mis en place par un opérateur privé, LDSogetrel, qui l’exploiterait dans le cadre d’une délégation de service public. Lequel opérateur se voit promettre une subvention de 25 millions d’euros, alors que la première estimation du coût avait été de 8,75 millions ... mais, comme pour son bâtiment Hérault Culture Sport, M. Vézinhet va nous dire que les dépassements de budget, “c’est classique”! (1)

Cette décision est surprenante à un double titre. D’abord parce quil existe déja un réseau couvrant 95 % du département et faisant parfaitement l’affaire : le réseau ADSL de France Télécom.

Ensuite parce que M. Vézinhet se répand partout en lamentations sur la situation critique des finances du département, la faute à l’Etat selon lui : “Le déficit attendu et estimé est astronomique. En 2006, nous serons dans une impasse” déclare-t-il dans Midi Libre du 5 avril dernier. Alors pourquoi une telle dépense dont le caractère superflu saute aux yeux ?

Les explications données par le sénateur de l’Hérault sont peu convaincantes : il juge incomplet le réseau de France Télécom, et d’un débit trop faible. Or, France Télécom s’était engagé à couvrir gratuitement les 5% restants, et à augmenter le débit. Il a été repoussé quand même par M. Vézinhet. Lequel jure que ... au final (dans 25 ans), le réseau doublon ne coûtera rien aux contribuables. Ben voyons !

Nous ne connaissons pas tous les dessous de l’affaire, notamment financiers. Mais peut-être qu’une des raisons de l’obstination du président du département se trouve, une fois de plus, dans la mégalomanie du personnage qui veut poser, à grand renfort de campagnes médiatiques, en bienfaiteur des populations héraultaises. Après Vézinhet le grand guichetier, Vézinhet le grand mécène, Vézinhet le grand bâtisseur, voici Vézinhet le grand haut-débiteur ! Du social, du culturel, du sport, du modernisme, il n’en finit pas de retoucher sa statue. Et de distribuer des rallonges ...

Ce projet nous semble cependant particulièrement dangereux. Car enfin, si le Conseil général devient propriétaire du réseau haut débit, qui empêchera Vézinhet de nous bombarder de publicités vantant ses oeuvres, de spots et d’émissions télé à la gloire de l’illustre président ? Pourrons-nous nous brancher sur un site quelconque sans voir apparaître un bandeau nous rappelant que c’est grâce à Vézinhet ?

Cette stratégie à la Big Brother a sans doute germé dans le cerveau du n°1 départemental en constatant que les tonnes de ses journaux qu’on fourre dans nos boîtes aux lettres vont directe-ment à la poubelle. Et puis gâcher du papier, ça déplaît à ses amis écologistes. Avec la “com” électronique, Vézinhet arrivera directement dans notre salon. Proprement. Et à nos frais : 25 millions d’euros pour commencer.

C’est pour parer à ce danger, et pour endiguer le gaspillage de notre argent, que notre association a attaqué devant le Tribunal administratif de Montpellier la délibération du 17 décembre 2004 par laquelle le Conseil général a lancé le projet haut débit pour l’Hérault.

Bien nous en a pris. Le juge administratif a suivi notre analyse, et suspendu la délibération. Mais la lutte ne fait que commencer.

(1) Voir notre article "Vézinhet la rallonge" page WEB du Département

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L'intérêt général (Préambule de la lettre n.23 - Janvier 2005)

En arrivant à la tête de la Région, Georges Frêche ne se gêna pas pour mettre au placard tous les cadres qui lui déplaisaient et pour annuler toutes les subventions promises par son prédécesseur. Il les remplaça par "ses" cadres et "ses" subventions. Et pour justifier ce comportement de satrape, il n'eut aucun scrupule à faire appel à l'intérêt général : "Il faudra que la Région fonctionne désormais uniquement dans l'intérêt général, et (non) plus simplement au bénéfice de quelques privilégiés" (déclaration parue dans Midi Libre le 25 juin 2004).

En fait, tous les élus prétendent agir "dans l'intérêt général". C'est pour eux l'argument-massue, auquel ils font appel d'autant plus facilement que personne ne peut dire ce qu'est l'intérêt général. Aussi étrange que cela paraisse, on ne trouve aucune définition de l'intérêt général ni dans la Constitution ni dans aucun code ou texte de loi. On n'y trouve que des tautologies du genre "L'action de l'Etat vise l'intérêt général" et "L'intérêt général, c'est ce qui inspire l'action de l'Etat". Pour s'en convaincre on pourra aller consulter sur le site Internet du Conseil d'Etat les nombreux textes consacrés à l'intérêt général.

L'Etat en France sous ses multiples formes nationales et locales s'est donc développé sans frein durant deux siècles à l'abri de ce concept fourre-tout. Sous prétexte d'intérêt général, de plus en plus de domaines ont été fonctionnarisés ou subventionnés. Après les transports et la voirie, l'enseignement et la poste, les assurances sociales et la retraite, l'argent public va maintenant au sport, à la culture et - pourquoi pas - aux loisirs. Tout peut être une question d'intérêt général. Il n'y a qu'à prendre la liste de nos ministères, qui stupéfie bon nombre d'observateurs étrangers.

Nous, contribuables de l'Hérault, ne voulons plus laisser les élus utiliser notre argent pour financer qui bon leur semble au nom de l'intérêt général. Ainsi nous attaquerons en justice le conseil municipal de Montpellier qui a décidé, le 20 décembre dernier, d'allouer plus de 400 000 euros à une association de francs-maçons. Si l'argent public va à des sociétés secrètes, qui peut garantir qu'il n'y a pas de bénéficiaires parmi ceux-là même qui ont voté la subvention ?

L'Etat en France est ainsi devenu une énorme machine écrasant d'impôts les uns pour distribuer aux autres, cédant aux diverses corporations en fonction de leur pouvoir de nuisance, et permettant aux politiciens de s'acheter des clientèles électorales. Cette foire d'empoigne qu'est devenue notre vie politique, n'a évidemment rien à voir avec une quelconque recherche de l'intérêt général. Et le fait que beaucoup de Français ont pris l'habitude d'attendre de l'Etat des moyens d'existence, ne change rien à cette réalité qu'avait bien su voir Frédéric Bastiat dès 1850 : L'Etat (ou l'intérêt général) "c'est la grande fiction à travers laquelle chacun essaie de vivre aux dépens de tout le monde".

Cette fiction n'a pas cours dans d'autres pays. Pour les anglosaxons par exemple, il ne peut y avoir d'intérêt général. Il n'y a que des intérêts particuliers, qui peuvent prospérer dans la mesure où on laisse les individus travailler et échanger librement. L'Etat n'est là, en principe, que pour protéger les citoyens de la violence, et la constitution n'est là que pour protéger les individus des empiètements de l'Etat. C'est sans doute pourquoi, dans nombre de ces pays, le domaine de l'Etat a reculé au cours des vingt dernières années, les impôts ont baissé et la croissance économique a été bien plus forte que chez nous.

Citoyens-contribuables, voyageons et ouvrons les yeux ! Allons nous rendre compte par nous-mêmes.

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A tombeau ouvert dans la dépense (Préambule de la lettre n.20 - Mars 2004)

A l'heure où de plus en plus d'observateurs s'alarment des déficits publics français, sans cesse creusés depuis trente ans (budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale), et de l'énormité de la dette qui va peser sur nos enfants : plus de 1 000 milliards d'euros, soit 110 000 F par Français (sans compter les retraites des fonctionnaires), les hommes politiques engagés dans la campagne pour les élections régionales et cantonales en Languedoc-Roussillon se livrent à une surenchère de promesses ... de dépenses publiques.

Ainsi, en lisant le programme des ténors Blanc-Frêche-Dufour, on relève une litanie d'engagements de "soutien" aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux chômeurs, aux artistes, aux étudiants, aux assistantes maternelles, aux zones humides, aux pois-chiches (de Carlencas), aux navets (de Pardailhan). Et une usine de bio-carburants par-ci, et un musée de l'Algérie par-là. Des technopoles, des fondations culturelles, des festivals, des instituts, des parcs de loisir, des conduites forcées. Des bourses d'études, des chèques culture, de l'outillage portuaire, des tarifs préférentiels, des digues (quand même, dans un petit coin, pour calmer les sinistrés), des logements sociaux, une école d'oenologie. Et des lycées par douzaines! Sans compter tout ce que l'on s'engage à améliorer, à réaménager, à restaurer, à conforter.

Mais aucune évaluation du coût de tout cela n'est fournie. Pas la moindre étude d'impact préalable. Pas même un ordre de priorité, laissant supposer qu'il y a des dépenses moins urgentes que d'autres. Aucune allusion aux recettes nécessaires qu'il faudra trouver, aux contraintes budgétaires de la région ou du département. On ne prévoit d'ailleurs d'économiser sur aucun poste. Surtout, pas de chiffres ! Nos candidats se présentent pourtant comme des gestionnaires ...

Il y a une catégorie de population, pourtant nombreuse, qui ne fait l'objet d'aucune promesse de "soutien" de leur part. Vous l'avez deviné, ce sont les contribuables. On chercherait vainement le mot "contribuables" dans leur programme, ainsi que le mot "fiscalité". Sur leurs listes "d'Union" où ils prennent soin de mettre des gens de tous les horizons, disent-ils, personne ne se présente avec l'étiquette de "contribuable". Dans le monde enchanté dont nos politiciens entretiennent leurs électeurs, il n'y a ni contribuables, ni fiscalité, ni comptabilité, ni recettes. Il n'y a que des occasions de dépenses. Pour eux, nous n'existons pas. Il paraît que c'est la démocratie ...

On peut se moquer de leurs promesses, mais on ne doit pas dire qu'elles n'engagent que ceux qui les écoutent. Les élus, hélas! mettent trop souvent leurs promesses de dépense à exécution. Voir Georges Frêche. C'est qu'une fois au pouvoir, ils veulent avant tout se faire réélire la prochaine fois (la politique étant devenue en France une profession où l'on fait de longues carrières). Ils sont alors "tenus" par leurs électeurs davantage qu'ils ne les tiennent. Ceux-ci en réclament toujours plus, et pourquoi pas puisque la note, ce sera pour les autres.

C'est là l'infernale logique du clientèlisme qui va, n'en doutons pas, mener la France dans le mur. Car la décentralisation, loin d'assainir les finances publiques, va les faire exploser. Qui ne voit en effet que la fameuse "proximité" censée résoudre tous nos problèmes, va se traduire par une inflation de clientèlisme ?

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Ils ne veulent pas voir la vérité. (Préambule de la lettre n.19 - Janvier 2004)

Cela va faire cinq ans que notre association interpelle les élus du département et de la région sur le constat suivant: le Languedoc-Roussillon n’a aucune chance de sortir du sous-développement tant qu’il restera plombé par sa fiscalité locale.

Ce qui s’est passé depuis cinq ans n’a fait que confirmer notre diagnostic: la région a continué de s’enfoncer sur le plan économique, selon un mécanisme désormais clair pour nous: le taux record des taxes professionnelles dissuade les entreprises de venir s’implanter. Nos élus, pour pouvoir continuer à dépenser, doivent donc pressurer à leur tour les particuliers à un niveau record, ce qui ampute un pouvoir d’achat déjà bien faible. Or quand on comprime à la fois l’offre et la demande, on obtient l’arrêt du développement.

Pourtant nos élus refusent ce diagnostic. Tant MM Frêche que Vézinhet ou Blanc, ils continuent de faire comme si notre région, forte de ses “nombreux atouts” et notamment de sa “matière grise”, était en plein essor. Comme si elle avait un "rayonnement international”, un emplacement “stratégique” en Europe, etc. Et comme si la décentralisation en cours allait être un atout supplémentaire.

Mais comment ne pas voir que le roi est nu? L’autre jour, un lecteur de Midi Libre s’esclaffait de la prétention de Georges Frêche à mettre sur le même plan le Languedoc-Roussillon et la Catalogne espagnole. Car le budget de la Catalogne égale quarante fois celui de notre région, avec une fiscalité moindre! Et il faut bien le dire, après chaque forte pluie, notre région a davantage des airs de Bangladesh que de Catalogne, y compris certains quartiers de Montpellier-la-surdouée. Nos élus ne parlent que de “développement durable” pour cacher le “sous-développement durable” auquel ils condamnent la région.

C’est que, prisonniers du clientèlisme, ils sont obligés à la fuite en avant dans les dépenses. Ils ne peuvent que continuer à arroser toujours plus leurs électeurs, notamment les fonctionnaires sous influence et les assistés. Pas question de réduire les effectifs, les subventions et les aides sociales ou autres. Impossible donc de reconnaître que la région est exsangue et que les finances sont en perdition (l’emprunt permettant de reporter à plus tard l’heure de vérité, n’est-ce pas, M. Vézinhet?). Au contraire il faut rendre le Languedoc Roussillon encore plus “attractif”, faire croire que c’est un eldorado.

Car la seule dynamique sur laquelle nos élus peuvent encore s’appuyer pour alimenter leurs budgets, c’est la fameuse expansion démographique. lly a en effet, parmi ceux qui viennent s’installer dans notre région, beaucoup de retraités payant des impôts. Mais cela n’aura qu’un temps: aujourd’hui contribuables, ces retraités seront demain en situation de dépendance, et à charge des finances locales.

A ce moment là, l’absurdité de la décentralisation “à la française” éclatera aux yeux de tout le monde, elle qui creuse doublement le fossé entre régions pauvres et régions riches, et qui pousse les élus à dépenser sans contrôle. Mais il sera trop tard. Il n’y aura plus rien à pomper. Et la machine folle ira bel et bien dans le mur. Les urnes aussi deviendront folles.

Nous, contribuables, n’attendons plus rien des élus en place. Puissent les générations suivantes de décideurs politiques ouvrir enfin les yeux et se préparer, comme nous le faisons depuis cinq ans, à analyser froidement la situation. Car ils auront bien besoin de vérité.

Nous ne demandons qu’à les aider.

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La culture à fonds perdus (Préambule de la lettre n.18 - Octobre 2003)

En France, tout le monde veut avoir un statut de fonctionnaire. Et, une fois qu'on l'a obtenu, on le défend bec et ongles, quoi qu'il en coûte aux contribuables. On appelle cela le service public à la française.

C'est notamment le cas des intermittents du spectacle, dont l'existence s'est révélée cette année au grand public, d'abord par les privilèges exorbitants de leur statut : ils cotisent 100 millions d'euros, et les autres cotisants aux ASSEDIC, c'est-à-dire nous, leur reversent 800 millions. Ensuite par leur pouvoir de nuisance: sabordage de nombreux festivals d'été, dont les trois festivals subventionnés de Montpellier (Montpellier-danse, Montpellier-Radio-France, Printemps des comédiens).

Pour les soutenir, le directeur du théâtre montpelliérain des Treize Vents, subventionné à plus de 2 millions d'euros par an, Jean-Claude Fall, a menacé de refuser de jouer aussi pendant toute la saison d'hiver, au motif qu'il faut "défendre le service public de la culture". Notez qu'il n'a pas menacé de refuser les subventions. Ce qui n'est pas sans rappeler les fonctionnaires grévistes qui trouvent normal qu'on les paye quand même.

Saviez-vous donc que la culture en France était devenue un service public ? Et que les artistes - en tout cas ceux du spectacle -étaient devenus des fonctionnaires ? Pourtant, Jean-Claude Fall a raison. Les sommes que l'Etat et les collectivités locales consacrent à la culture (surtout aux festivals) sont énormes. Elles entretiennent des dizaines de milliers de permanents, artistes et autres, et environ 100 000 (oui, cent mille) intermittents. Leur nombre a triplé en dix ans. Dame : travailler trois mois et être payé douze!

La France est donc, depuis la disparition de l'Union soviétique, le seul pays au monde où l'Etat et les élus locaux se croient obligés de prendre en mains la "culture" des citoyens. Déja pris en mains pour notre éducation, notre santé, notre retraite (avec l'efficacité que l'on sait !), nous sommes plongés toute l'année dans un festif généralisé (carnavals, parades, animations de ceci, fête de cela, festivals et autres) qui est censé nous faire accéder malgré nous à la "culture", le tout financé bien entendu avec nos impôts. Rappelons qu'à Montpellier, la place d'opéra ou de concert est indemnisée à 90% du fait des subventions : bien mieux remboursée que les dépenses de santé!

"La culture est en danger" proclament JC Fall et les intermittents. En fait, ce qui est en danger, c'est un système où, une fois de plus, le contribuable paye à la place de l'usager, ce qui engendre l'irresponsabilités et les abus. Et pourquoi les intermittents, artistes autoproclamés, incarneraient-ils la culture? Les autres pays, qui n'ont pas d'intermittents "à la française", seraient-ils donc sans culture?

Que vaut d'ailleurs cette soi-disant "culture" que des fonctionnaires et des élus ont choisi à notre place ? Est-ce autre chose que du prêt-à-penser et de la poudre aux yeux ? Nous vous laissons juges.

Mais ce qui est sûr, c'est que les artistes-fonctionnaires à la Jean-Claude Fall, qui en sont les vecteurs, ont la même conception du service public que les syndicats de cheminots, de postiers ou d'enseignants. Pas question de leur demander des comptes sur le rapport qualité/prix des services fournis. Quant au public, il est juste bon à payer et à être pris en otage, s'ils pensent que leurs privilèges sont menacés un tant soit peu.

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Le bipartisme : un baillon pour les contribuables ?(Préambule de la lettre n.17 - Juin 2003)

La vie politique en France se bipolarise. C'est-à-dire qu'elle tend à être monopolisée par deux grands partis : l'UMP et le parti socialiste, censés incarner deux courants opposés. C'est le système électoral à deux tours qui veut cela, et ce système a été renforcé par la récente réforme de la loi électorale. On a oeuvré pour que ne se reproduise plus la surprise du 21 avril 2002 : la présence au 2e tour d'un candidat n'appartenant pas à l'un des deux partis "officiels".

Ce système, le bipartisme, qu'on nous présente comme une modernisation de la démocratie, est en fait un verrouillage de la démocratie. Les électeurs ne peuvent choisir au second tour (celui qui compte) qu'entre les programmes des deux partis officiels. Les idées nouvelles, qui au départ ne sont forcément soutenues que par une minorité, n'ont aucune chance de s'imposer un jour. La seule surprise pourrait venir d'un référendum, mais on n'organise plus de référendum en France sur les questions importantes. On a trop peur que les Français votent mal. C'est ainsi que le référendum sur la décentralisation, promis par le candidat Chirac, a été remplacé par un vote du Congrès.

Aura-t-on au moins une véritable opposition entre les deux partis officiels, comme c'est le cas en Grande-Bretagne entre Conservateurs et Travaillistes par exemple ? Hélas! Même pas. Leurs programmes se rejoignent sur l'essentiel, selon nous. Ainsi ils ne remettent ni l'un ni l'autre en cause le prélèvement et la redistribution par l'Etat de la moitié de la richesse produite par le travail des Français. Du point de vue des contribuables c'est plume-l'oie et traie-la-vache. A quoi sert l'alternance, si ce que décide l'un n'est pas remis en question par l'autre ? On l'a bien vu avec les 35 heures, la CMU, l'Aide médicale gratuite aux clandestins et la loi SRU. La cohabitation n'est pas une anomalie : c'est l'essence du régime.

La vie politique en France va donc ressembler à la vie syndicale. On sait qu'on ne peut voter, dans les entreprises, au 1er tour, que pour l'une des centrales officielles, les mêmes depuis 1945 (CGT, FO, CFDT, etc.). On les appelle "représentatives" alors qu'elles syndiquent moins de 10% des travailleurs. Elles ne doivent leur survie qu'à l'absence de concurrence et à l'argent public. La plupart des Français ne trouveront bientôt ni syndicat ni parti qui traduise leurs aspirations.

Les grandes questions concernant les citoyens (comme en ce moment les retraites) se traitent déja entre de soi-disant "représentants" politiques et syndicaux qui en fait n'ont été élus que par une minorité de Français. Ces gens-là ont beau faire semblant de s'affronter, on sait d'avance sur quoi ils tomberont d'accord :  sur la résolution des problèmes par plus de dépense publique.

C'est encore plus vrai sur le plan local. Les manipulations de votes, le clientèlisme et la corruption comptent beaucoup plus que le débat dans la décision des élus. Voyez le Conseil d'Agglomération: l'opposition montpelliéraine n'y a aucun représentant !

Voilà pourquoi nous, contribuables, serons amenés à intervenir de plus en plus dans le champ politique. Car aucun des deux partis "officiels" ne reprend  nos analyses, fruit du bon sens et de l'observation des faits. Elles sont d'avance exclues du débat. C'est que les problèmes que nous posons sont justement ceux dont les hommes des deux partis dominants ne veulent pas entendre parler : la réforme fiscale, l'égalité des citoyens devant l'impôt, le contrôle des élus dépensiers

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Des subventions pour la haine? (Préambule de la lettre n.16 - Avril 2003)

Une fois de plus, le budget de la Ville de Montpellier pour 2003 annonce une véritable pluie de subventions. Pas moins de 700 associations seront arrosées, pour un total de 115 millions de F. Et si on y ajoute les subventions de l’Agglo (souvent aux mêmes associations), la note à règler par les contribuables s’élèvera à 347 millions de F (53 millions d’euros).

Cette situation est aberrante eu égard au bon sens et à l’esprit de la loi de 1901 lorsque des citoyens se regroupent pour pratiquer une activité de leur choix, ils doivent la financer avec leurs cotisations et non avec l’argent des autres. Mais, voilà! En France, le mouvement associatif est complètement perverti par le chentélisme politique: 93% des ressources des associations viennent des subventions de l’Etat ou des élus locaux (1).

On peut distinguer, de ce point de vue, plusieurs types d’associations montpelliéraines:
les associations “de prestige», à gros budget, du type Opéra, Festival Montpellier-Danse, clubs sportifs professionnels (MHSC), Office du Tourisme, etc;
les associations à «arrosage social» comme le CCAS, Ville-Vie-Vacances, les crèches, etc.
la foule des petites associations de loisirs, à intérêt culturel, sportif, récréatif, etc.

Les deux premiers types sont fortement subventionnées et servent aux élus à se constituer un tissu d’obligés et de dépendants, leur base électorale, ainsi qu’à distribuer à leurs proches des salaires supérieurs à ceux qu’autorise la fonction publique. La gestion des fonds y a lieu en règle générale dans la plus grande opacité, nous en savons quelque chose à l’ACH, après avoir vainement frappé à quelques portes.

Quant à la foule des associations recevant des petits chèques, la plupart se croiront obligées de ce fait d’accepter, un jour ou l’autre, une invitation officielle avec petits fours. Le maire - et les autres élus - s’achètent ainsi le droit de faire des discours en public.

Mais il est une autre sorte d'associations, disons du quatrième type, que l’on voit se multiplier depuis quelques années, et qui récoltent de plus en plus de subventions. Ce sont les associations communautaristes, expression de soi-disantes «minorités» prétendant au «droit à la différence». Minorités culturelles, sexuelles, religieuses et ethniques. Les élus, pressés d’occuper ce nouveau terrain, donnent du carnet de chèques avant même que les demandes s’expriment. Le maire de Montpellier n’a-t-il pas annoncé le financement d’une mosquée à La Paillade avant même que la communauté marocaine n’ait demandé le moindre sou ? Et tout cela dans le mépris de la loi de 1905 sur l’interdiction du financement des cultes par l’argent public ?

Nos élus, les yeux rivés sur le calendrier électoral, se fichent bien des vieilles lois républicaines de 1901 ou de 1905. Ils ne se rendent pas compte qu’ils ouvrent la boîte de Pandore. Arroser le communautarisme avec des subventions, c’est détruire la République avec l'argent des contribuables. Car ces "minorités" vont tirer puissance de l'argent qu'on leur distribue, sitôt considéré comme un dû. Elles vont réclamer des quotas, comme pour les femmes, et des lois spéciales, comme avec le PACS.

A l'heure où l’on voit déjà, en France, des manifestants défiler derrière des drapeaux irakiens et s’en prendre violemment à des citoyens juifs, il est temps de se demander si le clientèlisme ne conduit pas au mépris des lois et à la haine entre communautés. La leçon de la Corse n’a pas été comprise.

(1) Source: IFRAP

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Communication ou propagande ? (Préambule de la lettre n.15 - Janvier 2003)

Le conteur et conférencier écossais Douglas Pearson a accompli récemment l'exploit de parcourir en 133 jours toutes les rues de Montpellier à pied. En donnant ses impressions à un journal local, il a déclaré que deux choses l'avaient étonné lors de son périple : le nombre de chats et ... « le nombre de fois où le nom de Georges Frêche est inscrit sur un panneau. Au bout d'un moment, j'ai eu l'impression qu'un vieil ami m'accompagnait».

Un vieil ami, ou Big Brother ?

La question mérite d'être posée, car s'il est un domaine où le maire de Montpellier en fait beaucoup, voire beaucoup trop, c'est celui de la communication. Or, à partir d'un certain volume, ce n'est plus de la communication, c'est de la propagande.

Les montpelliérains, eux, se sentent « accompagnés » par leur maire 365 jours par an. Cela commence dès le premier janvier : voeux du maire à la ville (des centaines d'invités) voeux du maire à l'agglo (800 invités), voeux du maire au troisième âge : 4 soirées au Zénith avec 1 200 convives par soirée. Voeux du maire aux associations, aux jeunes, aux entreprises, etc. avec chaque fois cocktails, petits fours, voire spectacle et repas fin (pour le troisième âge). Il ne regarde pas à la dépense : ce n'est pas son argent, c'est le nôtre.

Cela continue tous les mois avec une avalanche de journaux gratuits dans les boîtes aux lettres : journal de l'agglomération, journal de la ville, et depuis peu journaux de quartiers (7 journaux)! Plus un journal pour les jeunes, un pour les vieux, et des tas d'autres publications  du type « Lettre de la technopole », etc. Publications luxueuses : papier glacé, couleurs ... avec photos et discours du maire dans chaque numéro ! Là encore, ce n'est pas lui qui paye.

Son « ombre portée » du département, le président Vézinhet, n'est d'ailleurs pas en reste. Non content de mobiliser toute l'année un grand nombre de panneaux publicitaires le long des routes, il bourre lui aussi nos boîtes à lettres de ses publications, où sa photo et sa prose s'étalent complaisamment. Jusque sur le calendrier des pompiers vendu au porte-à-porte on trouve Frêche et Vézinhet !

Pour rédiger tout cela, on a embauché une armée de journalistes qu'on a logés dans la luxueuse « Maison de la démocratie ». Du coup les journalistes de la municipalité ont de bien meilleures conditions de travail que ceux de Midi Libre, de l'Hérault du Jour ou de la Gazette, nous sommes allés le constater sur place. La Maison de la démocratie réquisitionnée pour    abriter    les services de propagande du maire : quel symbole !

C'est pourtant bien cela la « démocratie de proximité » à Montpellier. Le citoyen, soumis au matraquage médiatique par en haut, est « encadré » par en bas par des comités de quartier aux mains des associations subventionnées, et qui sont censés parler en son nom. Ces comités sont évidemment peuplés de « militants », employés municipaux ou assimilés, obligés d'assister aux réunions, dans la bonne tradition des démocraties ... populaires.

La presse locale dite « libre » est par ailleurs soumise à des pressions et manipulations permanentes. Les journalistes qui essaient de faire leur métier s'en plaignent parfois, en « off ». C'est pourquoi il faut rendre hommage au journaliste de Midi Libre qui a eu le courage d'« évoquer (oh! en tout petit) l'incroyable mansuétude d'un magistrat montpelliérain à l'égard de l'épouse d'un élu (très) haut placé de la municipalité, suite à une conduite en état d'ivresse et à un accident blessant un policier .

Il a dû s'en entendre de belles ! Mais, si cela peut le consoler, qu'il sache qu'il a au moins l'admiration des Contribuables de l'Hérault

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La région est en danger : appel aux hommes politiques du Languedoc-Roussillon(Préambule de la lettre n.14 - Octobre 2002)

Nos adhérents et nos lecteurs savent que depuis trois ans, l'ACH mène son principal combat contre l'inégalité fiscale. En Languedoc-Roussillon, les particuliers et les entreprises sont taxés à des taux triples de ceux des régions riches comme l'Ile de France ou le Rhône. C'est absurde. Car la région s'enfonce dans le sous développement et n'attire plus que les retraités et les RMistes. Les entreprises fuient ! Et c'est injuste : la Constitution française, dans l'article 13 de son préambule, affirme le principe de l'égalité fiscale entre tous les citoyens de ce pays.

Les partis politiques, que nous avons alertés à plusieurs reprises,connaissent le problème. Et lors d'une émission sur France 2, à la veille des dernières élections, notre présidente l'a clairement exposé. Tous les représentants des principaux partis présents à cette émission, dont F.Hollande, J-L. Borloo, F. Fillon etc., ont reconnu que la situation créée par la décentralisation « à la française » (lois Defferre de 1982) était anormale et qu'il fallait un système fiscal plus équitable(*1)

Seulement, voilà : une fois les élections passées, les hommes politiques cessent d'écouter les citoyens.

Ils se mettent à réclamer l'autonomie fiscale des collectivités locales (c'est-à-dire des élus locaux), ce qui est le contraire de l'égalité fiscale pour les citoyens français ! C'est ainsi que la Commission des lois du Sénat vient de déposer une proposition de loi visant à réformer la Constitution,dans le but de donner aux élus locaux le pouvoir d'augmenter à leur guise les taux des impôts existants (taxe d'habitation, taxe foncière, taxe professionnelle) et d'en créer de nouveaux.  C'est-à-dire de légaliser l'inégalité fiscale, sous couvert du fameux « droit à la différence » qu'ils veulent introduire aussi dans la Constitution.

Il y a grand danger. Si cette loi passe, plus rien n'empêchera les élus locaux de devenir des potentats d'Ancien régime. Imaginez Georges Frêche si plus aucun encadrement, plus aucune limite ne lui est imposée. Qu'est-ce qui le retiendra de vouloir faire de Montpellier le centre du monde ?

Car ce n'est pas le suffrage universel qui l'arrêtera : en Languedoc-Roussillon, seule une minorité d'électeurs payent tous les impôts directs, (IRPP, taxe d'habitation et taxe  foncière). Il est facile pour lui (ou   pour   son   successeur)  de passer un contrat avec une majorité d'exemptés, favorables à la dépense. C'est ainsi que prospère le clientèlisme : plus les élus locaux peuvent dépenser, et plus ils se créent d'obligés. C'est par milliers qu'ils offrent des places dans les services municipaux et les associations subventionnées. Il est à craindre que l'autonomie fiscale des élus ne fasse basculer définitivement le système vers la mafia.

C'est pourquoi l'ACH va proposer aux élus du Languedoc- Roussillon un contrat de partenariat, afin de leur faire signer un engagement à oeuvrer pour la justice fiscale sur toute la France, et non pour la désarticulation définitive du territoire national en régions riches, à gestion démocratique, et régions pauvres, à gestion mafieuse. Il faut qu'ils fassent le travail pour lequel ils ont été élus : protéger les intérêts vitaux du Languedoc-Roussillon, et veiller à l'application de la Constitution, non à son dévoiement.

Le débat sur cette loi ne doit pas être escamoté !

(*1) JL Borloo a même parlé de «l'absurdité du système fiscal français...plus grand scandale de la République. »

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Les Contribuables marquent des points à Montpellier.(Préambule de la lettre n.13 - Avril 2002)

Par un jugement du mercredi 27 mars 2002, le tribunal administratif a fait droit à la demande en annulation d’une décision du Conseil municipal de Montpellier, demande déposée par le vice-président de l’ACH.

La décision visée était celle du 25 juillet 2001, par laquelle le Conseil municipal confiait à nouveau le marché de la collecte des ordures et du nettoiement de la ville à la société Nicollin pour 5 ans.

Les multiples irrégularités entachant cette décision (exposées dans notre Lettre précédente) montrent en effet que:

- ces marchés ont été «réservés» à la société Nicollin, sans vraie concurrence;

- la société Nicollin a dicté ses conditions à la ville de Montpellier, notamment une forte augmentation du budget prévu ainsi qu’une modification du rythme des collectes.

Il a fallu beaucoup d’opiniâtreté à notre présidente, élue au Conseil municipal, pour accéder au dossier et suivre l’affaire. Car tout a été fait pour l’en décourager. C’est ainsi : à Montpellier et à peu près partout en France, il est beaucoup plus difficile d’être informé sur la gestion des fonds publics que sur les comptes des entreprises privées.

Même les autres élus de l’opposition ne l’ont pas suivie. Ils ont fermé les yeux sur les irrégularités, perdant une bonne occasion de remplir leur mission.

Ils ont eu tort. Car la population de Montpellier, elle, a tout de suite manifesté son mécontentement à propos des nouveaux rythmes de passage des bennes Nicollin. La campagne de dénonciation, avec des lettres-pétitions adressées au maire, lancée par l’ACH cet hiver, a été un succès. Au point que le maire s’est empressé d’annoncer une prochaine baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de 40%.

C’est toujours ça de gagné. Mais ne nous y trompons pas.

Le maire se rattrapera sur les autres impôts locaux. il n’a pas renoncé à ses projets pharaoniques grands travaux urbains, nouvelle mairie, nouveaux musées, etc. Sa devise est toujours Je dépense, donc je suis.

C’est pourquoi I’ACH reste mobilisée pour défendre les intérêts des contribuables et de toute la population héraultaise. Pour donner à l’affaire Nicollin les suites judiciaires qu’elle mérite. Et pour dénoncer d’autres manipulations.

Car il n’y a pas d’autre voie pour freiner la dilapidation de notre argent: faire en sorte que nos élus se sentent surveillés. Et faire en sorte que moins d’argent leur passe entre les mains

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Décentralisation, oui. Autonomie fiscale, non.(Préambule de la lettre n.12 - Janvier 2002)

Autant savoir à quelle sauce ils veulent nous manger. L’immense majorité de la classe politique, députés et sénateurs, de droite comme de gauche, y compris le président Chirac, préparent une réforme de la Constitution dans le but de renforcer la décentralisation des pouvoirs publics. Des rapports ont été rédigés, des propositions de loi déposées, allant dans ce sens.

A écouter nos élus, il s’agit de donner “un nouvel élan à notre démocratie” et de “rapprocher les pouvoirs des citoyens” (Chirac). La nouvelle panacée, c’est la proximité. Après la police de proximité, censée remédier à la montée de la délinquance, voici la démocratie de proximité, censée “réconcilier les citoyens et la politique” (Poncelet, président du Sénat).

Mais pourquoi faut-il réformer la Constitution? Celle-ci ne s’oppose pas à la décentralisation, mise en oeuvre dès 1982 avec les lois Defferre. Mais elle réserve au Parlement le vote des taux de toutes les taxes en France, de façon à respecter l’égalité des citoyens devant l’impôt (article 13 du Préambule, art 34).

Or la situation actuelle n’est pas conforme à la Constitution. Parce qu’ on a laissé les élus locaux fixer eux-mêmes les taux des taxes locales, légères au début. Et cela a entraîné, en 20 ans, leur croissance spectaculaire. A tel point qu’un expert du Conseil constitutionnel, François Luchaire, déclarait en 1998 : “La fiscalité locale, de plus en plus lourde, n’est pas conforme au principe d’égalité”.

Mais à ce principe, les élus ne font jamais allusion. A la place, ils mettent en avant la nécessité “d’élargir les libertés locales” (encore Chirac). Mais les libertés de qui ? Celles des citoyens ou celles des élus ? Il ne fait aucun doute qu’il s’agit uniquement de celles des élus. Car ce qu’ils veulent inscrire dans la Constitution, c’est l’autonomie fiscale des collectivités locales.

On a bien vu à Montpellier ce que donne l’autonomie fiscale. Au lieu de ne dépenser qu’en fonction des recettes, selon le principe universel de bonne gestion, le maire de Montpellier décide d’abord des dépenses et y ajuste ensuite les recettes en augmentant les taux d’imposition. Au bout de 20 ans, on obtient un taux de taxe foncière 4 fois plus élevé à Montpellier qu’à Paris (3 fois pour la taxe professionnelle).

Et qu’on ne dise pas que les élus sont contrôlés par leurs électeurs! Dans une région pauvre comme le Languedoc-Roussillon, c’est l’inverse qui a lieu du fait du clientélisme. Les contribuables étant minoritaires, les élus dépensiers sont assurés de la réélection. Il n’y a plus de garde-fou. Voir notre étude en page Web sur la "Décentralisation". Montpellier se couvre de grues et se remplit de RMistes. Et la région Languedoc-Roussillon s’enfonce inexorablement dans le sous-développement.

C’est donc cela que MM. Chirac, Poncelet et tous les autres veulent inscrire définitivement dans la Constitution, en effaçant le principe de l’égalité fiscale. Les contribuables des autres régions ne se doutent pas de ce qui les attend !

Nous disons au contraire : la seule solution équitable est la péréquation fiscale. Les taxes locales doivent être remplacées par un impôt unique, que l’Etat redistribuera aux collectivités locales en fonction du nombre d’habitants. Un tel système très encadré fonctionne bien en Allemagne, en Italie et en Espagne (le rapport Mauroy dixit). Pourquoi ne pas s’en inspirer? D’accord pour transférer aux élus locaux plus de compétences dans la dépense. Mais pas dans le prélèvement fiscal. Et à condition de renforcer les pouvoirs et les contrôles des Chambres régionales des comptes.

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La démocratie du chantage (Préambule de la lettre n.11 - Octobre 2001)

Les derniers échos de la vie politique locale n’ont fait que confirmer l’analyse pessimiste de l’ACH : oui, en dépit de toutes les invocations de la démocratie, Montpellier ressemble de plus en plus à une république bananière.

Qu’on en juge la première séance de la Communauté d’agglomération (ex-District) a donné lieu le 12 septembre à des scènes du clientélisme le plus cynique. Dès l’ouverture, le président (maire de Montpellier) menace : ceux qui voteront contre le projet d’extention de l’agglo, soutenu par lui, devront remettre dès le lendemain leur démission de vice-président et cesser de toucher leurs indemnités. Et dire que nous hésitions à écrire qu’il avait distribué les fauteuils de vice-présidents pour acheter le vote des élus!

En même temps il procédait, sous couvert d’application de la future loi sur la démocratie de proximité (encore une couche de démocratie!) au découpage - autoritaire - de Montpellier en 7 quartiers. Tous les observateurs de la vie locale attestent que ce découpage est très favorable aux électeurs-assistés et très défavorable aux électeurs-contribuables. Mais, en plus, les Conseils de quartier ont été composés presque exclusivement d’associations subventionnées. Osons l’écrire cette fois-ci il y a de fortes chances pour qu’en cas de vote on assiste à un chantage à la subvention.

Les conseils municipaux ne montrent eux aussi qu’une forme dévoyée de démocratie. Tout se passe comme si la majorité obtenue aux élections municipales autorisait les élus à faire ce qu’ils veulent pendant six ans avec l’argent des contribuables. Le conseil mensuel de Montpellier n’est qu’une chambre d’enregistrement: on y "vote” une centaine de décisions par séance, et valsent les millions, bien loin du regard des électeurs. Aucun contre-pouvoir ne fonctionne. L’opposition attend les prochaines élections.

Hélas! Cette conception de la démocratie est partagée dans l’Hérault par le préfet Constantin, représentant de l’Etat. Dans une interview publiée le 13 septembre, il déclare à propos du projet d’extension de l’agglo avec adhésion forcée des communes récalcitrantes: «Le raisonnement de la libre adhésion ne correspond pas à la loi, il est même contraire à la loi. La loi, c’est la majorité». Ce qui rappelle le mot déja tristement célèbre du député socialiste Laignel : «Vous avez juridiquement tort, puisque vous êtes électoralernent minoritaire.”

Mais la démocratie, ce n’est pas le vote. On votait beaucoup en Union soviétique. La démocratie, c’est le respect des minorités. La loi devrait précisément être faite pour éviter que le droit ne change à chaque changement de majorité. Mais pour que le vote ne soit pas un chèque en blanc, il faudrait de véritables pouvoirs de contrôle. Notre association essaie d’en être un.

Il y a de quoi désespérer de la classe des politiques et des hauts fonctionnaires français. Les citoyens-contribuables ne voient qu’une issue : réduire au maximum le flux d’argent public qui leur passe entre les mains. Ramener l’Etat et les collectivités locales aux seules fonctions pour lesquelles ils sont indispensables.

Pour tout le reste, qu’on fasse confiance à la Société civile. Elle saura se débrouiller, et l’argent sera mieux employé. La concurrence est plus efficace que le cientèlisme.

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Le sens de l'Histoire (Préambule de la lettre n.10 - Juin 2001)

La colle des affiches de la dernière campagne électorale n'était pas encore sèche que le maire de Montpellier, Georges Frêche, piétinait sa promesse de ne pas augmenter les impôts locaux.

Lors de la réunion du District de Montpellier, le vendredi 27 avril dernier, il a décidé d'augmenter les taux des 4 taxes locales (d'habitation, foncière, foncière non-bâtie et professionnelle) de 1,9% en moyenne. Rappelons que cette augmentation des taux se multipliera avec celle des bases d'imposition que les services de l¹Etat vont décider de leur côté. La hausse réelle de la part districale de nos impôts sera donc plutôt de 3 à 4%, dès cette année (budget 2001).

Passons sur le caractère oiseux de la justification de cette hausse : un « manque à gagner » de 98 millions de F sur la dotation de fonctionnement de l'Etat, du fait du retard pris par la création de la Communauté d'agglomération. 98 millions sur un budget de plus de 1,5 milliards, cela ne fait guère que 6%. N'était-il pas possible de reporter d'un an ces 6% de dépenses ? Au fait, lorsqu'on programme des dépenses avant d'être sûr de leur financement, ne commet-on pas une grossière erreur de gestion ?

Attardons-nous plutôt sur la sinistre formule employée à deux reprises dans le rapport districal pour fustiger les opposants à l'agglo, dénoncés comme seuls responsables de la bavure : ils ne sont pas DANS LE SENS DE L'HISTOIRE.

Cette formule a maintes fois servi dans un passé récent aux partis communistes au pouvoir, en URSS et ailleurs, pour éliminer les opposants sans avoir à fournir d'autres justifications. Elle voulait dire : nous, qui sommes dans le sens de l'Histoire parce que nous avons la bonne doctrine, la bonne analyse de la société, nous ne pouvons rien pour vous, qui n'avez pas compris et qui vous obstinez. Le char de l'Histoire va vous passer dessus. On se souvient de la directive de Lénine en 1918 : « Il faut écraser tous les insectes nuisibles qui se sont fourvoyés en travers du chemin de la révolution ». Et on sait que 40 millions d'insectes ont pris ensuite le chemin du Goulag.

Bien entendu, nous ne prêtons pas à Georges Frêche et aux autres élus du District l'intention de vouloir liquider physiquement leurs opposants. C'est sans doute par paresse, sinon par ignorance de l'Histoire (la vraie), qu'ils ont utilisé cette formule.

Mais nous leur prêtons la suffisance qu'elle suppose. Ces gens-là pensent, à n'en pas douter, qu'ils ont tout compris, et que leurs opposants sont idiots ou aveugles. Et que cela ne vaut pas la peine d'écouter leurs arguments ni de leur donner des explications. Or la suffisance, la certitude d'avoir raison parce qu'on a été élu, peut transformer la démocratie en tyrannie pour la minorité. Les contribuables de l'Hérault le constatent depuis des années. Parce qu'ils ont été élus, ces notables font comme si l'argent des contribuables leur était dû, comme si les logements des contribuables leur appartenaient. Il nous manque 98 millions ? Qu'à cela ne tienne : on va les presser un peu plus. Quoi ? Nos promesses électorales? Mais vous n'y comprenez rien !

« Vous n'êtes pas dans le sens de l'Histoire ». C'est l'argument-massue par lequel on liquide symboliquement l'adversaire. Pour qui a assisté à des séances du conseil municipal de Montpellier (au District il n'y a pas d'opposition), la liquidation symbolique de l'adversaire par le potentat local est monnaie courante.

Ce potentat local devrait méditer plus sérieusement les leçons de l'histoire récente. Dans presque tous les pays socialistes, ceux qui croyaient être dans le sens de l'Histoire se sont brusquement retrouvés ... dans ses poubelles.

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Gestion du département : après la gabegie façon Saumade, la dilapidation façon Vézinhet ? (Editorial lettre 9- mars 2001)

La Chambre régionale des comptes a rendu en février dernier son deuxième rapport sur la gestion du Conseil général de l’Hérault présidé par Gérard Saumade, pour la période 1992-1997. Le précédent concernait la période 85-92. Les deux mis bout à bout offrent un bilan complet de la gestion Saumade.

Le moins qu’on puisse dire est que beaucoup d’argent (celui des contribuables) est passé par les fenêtres. La litanie des gaspillages est, hélas! la même que dans beaucoup d’autres collectivités locales françaises : investissements somptuaires dont les devis sont dépassés, chantiers engagés sans appels d’offres mais avec une cascade d’avenants, projets avortés mais coûteux en études, équipement informatique du Département démesuré, garanties d’emprunts à des canards boîteux, etc.

La gestion du personnel semble avoir été particulièrement laxiste. De 1992 à 1997, les frais de personnel ont augmenté de 41 %. La Chambre des comptes qualifie les effectifs du Département de
“pléthoriques”, et fustige les 136 voitures de fonction, les indemnités aux élus multipliées par 7 en 7 ans, les voyages en Floride, les soi-disant heures supplémentaires permettant de doubler les salaires. Les magistrats remarquent à ce propos que “le nombre de personnels travaillant la nuit est impressionnant !”.

Laxiste aussi la distribution des aides sociales. Le département se distingue à la fois par un taux élevé de RMistes et par
“l’absence de suivi réel par les services départementaux des bénéficiaires du RMI”. Les associations chargées de réinsérer les RMistes ne font pas leur travail, mais les subventions leur sont systématiquement reconduites.

Bien entendu, la mise au point de ce système social-clientéliste n’a été possible qu’en augmentant fortement les taux des impôts prélevés par le Département : + 20 % en moyenne pour les 4 principales taxes de 92 à 97, ce qui place l’Hérault sur le podium des départements les plus taxés de France.
Voir nos graphiques ci dessous...

A présent qu’il a été évincé par son camarade socialiste Vézinhet, Gérard Saumade semble devenu lucide sur la dérive des finances locales. Il soutient un projet de réforme allant dans le sens de l’égalité fiscale entre contribuables de toutes les régions. Mieux vaut tard que jamais !

Mais nous savons que ce ne sont pas les rapports de la Chambre des comptes qui l’ont chassé de son siège, ce sont les manoeuvres politiques, et notamment l’expansion du féodalisme frêchiste. C’est pourquoi nous craignons qu’André Vézinhet n’ignore ces rapports, et ne reproduise le même type de gestion. Tout indique d’ailleurs que la gabegie continue depuis 1998. André Vézinhet embauche à tour de bras sous le prétexte des 35 heures. Il fait construire de nouveaux bureaux.
Le budget du département a pris 7% de plus en un an...

La Chambre régionale des comptes n’a aucun pouvoir de sanction, pas plus que la Cour des comptes nationale. En France, c’est ainsi. La sanction, c’est aux électeurs contribuables de l’exercer. Ils sont une force qui s’ignore encore. Amis contribuables, dès maintenant il nous faut mettre la pression sur les candidats, et demain sur les élus. L’ACH s’y emploie.

Impôts Locaux 2002 - Taux des Taxes d'Habitation
Hérault: 8,08% --- Moyenne nationale: 6,08%
Aide à la lecture des Graphiques (exemple de la Taxe d'Habitation):
  • Taux le plus bas: Paris avec 2% de taxe ----6 Départements ont des taux relativement bas dans les 4% de taxe
  • 54 Départements sont voisins de la moyenne nationale dans les 5 à 6% de taxe
  • 9 Départements dont l'Hérault affichent des taux élevés dans les 8% --- seuls 4 Départements dépassent les 9%
Impôts Locaux 2002 - Taux des Taxes Professionnelles
Hérault: 11,27% --- Moyenne nationale: 7,02%

 

Impôts Locaux 2002 - Taux des Taxes Foncières Bâties
Hérault: 11,47% --- Moyenne nationale: 8,48%

 

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Elections : tour de passe-passe sur les impôts
(Préambule de la lettre n.8 - Janvier 2001)

Comment augmenter les impôts en faisant croire qu’on les baisse ? Cela semble être l’exercice favori de nos élus locaux.

C’est de plus en plus difficile, car les impôts locaux n’ont cessé d’augmenter partout en France depuis 20 ans, deux fois plus vite que le pouvoir d’achat des ménages. Ils ont désormais atteint un niveau critique, susceptible de provoquer le réveil, sinon la révolte des contribuables. En Languedoc-Roussillon, le poids des impôts locaux dépasse déjà celui de l’impôt sur le revenu (1)

Or le système clientéliste, base de leur pouvoir, oblige nos édiles à dépenser toujours plus: grands travaux, subventions, distribution d’emplois publics et de logements sociaux. A chaque élection il faut arroser de nouveaux “clients” tout en entretenant les anciens.

Comment faire donc pour “plumer l’oie de façon qu’elle pousse le moins de cris possibles”, selon la vieille expression de Colbert ? Surtout lorsqu’il faut lui arracher de plus en plus de plumes ?

Le maire de Montpellier est passé maître dans l’art de plumer les oies. Il a réussi, en 4 mandats municipaux, à hisser Montpellier sur le podium des 3 grandes villes de France les plus taxées, tout en en prétendant ne pas augmenter les impôts. Où est l’erreur ?

En fait il emploie concurremmement deux stratagèmes à l’usage de ses oies, que l’ACH a déjà démontés dans certains de ses tracts

La courbe des taux des principales taxes locales à Montpellier, du fait de la combinaison des deux stratagèmes et de l’addition des taux du district à ceux de la ville, a donc l’allure de montagnes russes entre chaque consultation électorale. Voir graphiques ci-dessous.

 

Les réductions d’impôts des deux dernières années étaient, de toute évidence, prééleetorales. Si le maire est réélu, chers frères contribuables, soyons sûrs que nous aurons à gravir dès 2002 un nouveau Golgotha!

(1) 8,7 milliards de F pour taxes foncières + taxes d’habitation, contre 8,2 milliards pour l’IRPP (ch. INSEE 98)

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MM Frèche et Vézinhet, les ringards c’est vous!
(Préambule de la lettre n.7- octobre 2000)

On se souvient que le Maire de Montpellier, qui n’a jamais accepté de recevoir notre association de défense des contribuables, pourtant d’utilité publique, nous avait publiquement traités de “ringards” lors d’un conseil municipal en février 2000. M. Vézinhet, président du Conseil général, nous avait opposé le même mépris et la même porte close.

C’est que nous avions osé leur reprocher leur voracité fiscale. En effet, en dépit des promesses prodiguées avant chaque élection, l’un comme l’autre ont manoeuvré pour porter les impôts locaux dans l’Hérault à des sommets médaille d’or pour la taxe foncière, médaille d’argent pour la taxe professionnelle. Et ils comptaient bien continuer. Georges Frêche vient de faire tomber dans son chaudron fiscal les 41 communes de la future Agglomération. Et André Vézinhet vient de se signaler par l’embauche de 153 fonctionnaires supplémentaires dans l’administration du Département, déjà pléthorique. “Je dépense, donc je suis” est leur devise commune.

Il y a heureusement des socialistes plus clairvoyants. Laurent Fabius avait averti la gauche risque d’être battue aux prochaines élections, non par la droite, mais par les impôts! Il ne croyait pas si bien dire. A peine avait-il présenté quelques mesures de baisse des impôts, que les marins pêcheurs et les routiers se lançaient dans l’action, pour réclamer des baisses supplémentaires de charges. La contagion a gagné d’autres professions et d’autres charges, de proche en proche c’est tout le systeme fiscal français qui est remis en cause.

C’est le début de la grande révolte fiscale des Français, qui précèdera inévitablement, comme en 1789, une révolution politique.

Certes, pour le moment c’est la foire d’empoigne chaque profession arrache à l’Etat des concessions en proportion de son propre pouvoir de nuisance. Mais cela va conduire à l’effondrement du système actuel fondé sur la redistribution on ne pourra pas à la fois distribuer davantage et prélever moins. L’exemple des pays voisins qui arrivent à baisser leurs dépenses publiques, va faire tomber les écailles des yeux des Français. La France cessera d’être le dernier pays socialiste d’Europe.

M. Vézinhet n’a rien compris sa réaction aux événements consiste à protester publiquement contre la suppression de la vignette automobile. Certes, l’Etat va continuer à lui en verser l’équivalent, mais il ne pourra plus l’augmenter à sa guise! Et il crie au coup bas contre la décentralisation. Pour lui, la décentralisation c’est le pouvoir des élus locaux d’augmenter les impôts. On le savait bien. Quant à M. Frêche, il continue d’annoncer des projets pharaoniques pour Montpellier.

Les événements récents font donc apparaître Georges Frêche et André Vézinhet comme des dinosaures politiques. Leur pouvoir repose uniquement sur la fuite en avant dans les dépenses. Il est condamné. Car non seulement le réservoir fiscal héraultais est proche de l’assèchement. Mais il est interdit à présent aux hommes politiques de tout bord, en France, de recourir aux augmentations d’impôts, sous peine de mort politique. Ceux que nous appelions les nouveaux féodaux iront bientôt rejoindre, selon l’expression de Karl Marx, les “poubelles de l’histoire”, poussés par les balais des contribuables.

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Montée vers la démocratie ou descente aux enfers ?
(Préambule de la lettre n.6)

Depuis sa création il y a un an et demi, notre association ne cesse de dénoncer la dérive féodale de la décentralisation "à la française", à partir de l'exemple héraultais. En effet, la faculté laissée aux élus par la loi Defferre de 1981, de fixer à leur gré le taux des impôts locaux, a entraîné le morcellement fiscal de la France et l'apparition, ici et là, de potentats locaux. C'est notoirement le cas dans l'Hérault.

La loi française de décentralisation est une véritable incitation à la dépense des élus locaux, puisqu 'il leur suffit d'ajuster après coup les taux d'imposition pour couvrir leurs largesses. Le maire de Montpellier a utilisé à fond cette pratique. Son pouvoir repose sur l'argent qu'il distribue: grands travaux et subventions sont les deux mammelles avec lesquelles il nourrit toute une clientèle électorale.

Mais cette politique conduit à un cul-de-sac, d'autant plus que la région est pauvre au départ. La hausse des taux d'imposition fait fuir les entreprises et dépouille les contribuables-consommateurs. Montpellier se couvre de grues, mais se peuple de RMistes. On y donne des festivals, mais il faut subventionner à la fois les artistes et les spectateurs. Comment alimenter un système fondé sur la dépense alors que le réservoir fiscal s'assèche ?

Une seule solution étendre le périmètre fiscal montpelliérain grâce à la Communauté d'agglomération. La loi Chevènement est la bouée de sauvetage du maire de Montpellier. Menée tambour battant dès l'automne 1999 avec l'appui du préfet Constantin, la création de ce super-district va conduire à l'abattoir fiscal un troupeau de 41 communes, sans que leurs habitants aient été le moins du monde consultés. Et en prime, la loi Gayssot les obligera à héberger des «logements sociaux" Montpellier va leur prendre leur argent et leur expédier ses RMistes. A part cela, nous répète le président Chirac, l'espoir de la France c'est le développement de la démocratie locale!

Nous qui savons par expérience à quelle sauce seront mangés les contribuables de l'Agglomération, nous leur lançons au contraire cet avertissement, qui figurait déjà sur la porte de l'Enfer de Dante: "Abandonnez toute espoir, vous qui entrez ici!". Car une fois constituée, la Communauté d'agglomération sera pieds et poings liée au maire de Montpellier, puisqu'il disposera de 50% des sièges et que ceux-ci ne seront confiés qu'à des membres de sa majorité. La belle démocratie que voilà!

Comment arrêter cette machine infernale? Nous craignons que les recours déposés devant le Tribunal administratif par les communes récalcitrantes ne restent lettre morte, tellement la loi Chevènement a prévu de "bonnes raisons" pour imposer l'adhésion à celles qui n'en veulent pas. Et les pétitions n'ont aucune chance d'émouvoir un préfet qui se moque de l'opinion des citoyens. A notre avis, seule une démission collective de tous les maires et conseillers municipaux des communes hostiles au projet pourrait l'embarrasser.

A court terme, nous sommes pessimistes. A long terme, nous croyons en la révolte des contribuables contre les nouveaux féodaux. Souvenons-nous que 1789 a été d'abord une révolte contre les impôts des seigneurs locaux. Notre raison d'être est de la préparer. Futurs damnés de l'enfer fiscal héraultais, rejoignez-nous!

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Pour qui roulons nous?
(Préambule de la lettre n.5)

C'était inévitable depuis que notre association s'est faite connaitre, par des interventions et des prises de position publiques, on cherche à nous classer politiquement, à savoir "pour qui nous roulons".

Les politiciens locaux qui sont aux commandes aimeraient bien, par exemple, nous assimiler à teI ou tel parti d'opposition (de préférence d'extrême droite). Il leur serait facile ensuite de disqualifier notre discours, en le ramenant à une manoeuvre politicienne.

Mais ils n'y arrivent pas. Car non seulement nous avons inscrit la neutralité politique dans notre charte, mais nous nous y tenons dans nos actes. Nous avons demandé audience à tous les députés et sénateurs du département, sans exclusive. Dans notre Lettre aux contribuables, nous avons critiqué des élus de tout bord politique, lorsqu'ils nous semblaient dilapider l'argent des contribuables, et rendu hommage a autres, également de bords differents, lorsqu'ils se montraient soucieux d'économiser l'argent public. Et notre principale campagne a consisté à demander purement et simplement l'application de la Constitution française, à savoir l'égalité devant l'impôt des citoyens de toutes les régions de France.

Nous apparaissons donc comme les défenseurs des contribuables de ce département, c'est-à-dire comme un mouvement authentique issu de la société civile. C'est sans doute ce qui irrite les puissants en place comme le maire de Montpellier qui, notons-le, a jusqu'ici refusé de nous recevoir pour discuter avec nous, et qui a dû recourir à l'insulte pour nous discréditer. Il nous a traités publiquement de "ringards", "de gagne-petits" et de "balayeurs".

Passons sur cette conception de la démocratie que suppose le "j'insulte d'abord, je discuterai plus tard". Le choix même des insultes montre que le maire a bien perçu le danger que nous représentons pour les politiciens comme lui.

Ringards? Oui, nous le sommes au sens où nous allons contre la mode actuelle du "gouverner, c'est dépenser". Oui, nous voulons réduire la dépense publique et tout ce qu'elle entraîne, assistanat et clientélisme. Oui, nous voulons revenir a des moeurs politiques où le bon gouvernement était économe de l'argent du peuple. Est-ce impossible? En regardant hors de France, on voit que beaucoup de pays développés sont en train de céder à la "ringardise".

Gagne-petits? Oui, nous le sommes dans la mesure où notre neutralité politique nous interdit Ia moindre subvention. Nous vivons des cotisations volontaires de nos membres, à la différence des partis et des syndicats qui vivent surtout d'argent public. Et c'est notre honneur de n'être pas des "gagne-gros" comme le maire de Montpellier, qui naviguent sur l'argent du peuple.

Balayeurs? Oui encore. Certes nous sommes face à une tâche écrasante: nettoyer les écuries d'Augias de la fiscalité locale. Mais nous ne désespérons pas de voir beaucoup de balais se lever dans l'Hérault, pourvu que le maire de Montpellier continue à insulter publiquement les contribuables.

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Le retour de l'Ancien Régime
(Préambule de la lettre n.4)

Sous l'Ancien régime, tout appartenait au Roi, et tous les revenus procédaient de lui. Si certains - les nobles-pouvaient profiter avec leur famille des revenus de tel ou tel domaine, c'était par concession du roi, en échange de leur soumission. Et ces nobles à leur tour concédaient aux serfs le droit de vivre sur une terre qui ne leur appartenait pas, en contrepartie de quoi les serfs étaient "taillables et corvéables à merci". Le roi redistribuait à sa guise les terres et les pensions payées par le trésor royal. Tous ses sujets étaient ses obligés.

La Révolution française a changé tout cela. Elle a transformé les sujets en citoyens, et institué la propriété individuelle comme un droit naturel et imprescriptible de l¹homme,
"inviolable et sacré" (1789). Depuis, tout citoyen est libre de disposer des fruits de son travail, de dépenser ou d'épargner selon les projets qu'il forme pour lui-même et ses enfants. La prospérité étant assurée par l'efficacité de chacun lorsqu'il travaille pour soi, bien supérieure à celle des sociétés d'esclaves ou de serfs.

Hélas! la Révolution française est bien loin. L'Etat qui au départ devait se limiter à la justice et à la sécurité des citoyens, a étendu démesurément son domaine. Il n'est plus au service de la société, il a mis la société à son service sous prétexte qu'il s'occupe de tout. Les citoyens sont redevenus, faute de se défendre, taillables et corvéables à merci. Plus de la moitié de la richesse qu'ils produisent est confisquée par toutes sortes de cotisations, d'impôts et de taxes - sans que leur sécurité soit mieux assurée pour autant!

Cette confiscation remet en cause le droit de propriété et la liberté de choisir sa vie. On ne peut choisir ni l'âge de sa retraite, ni la façon d'épargner pour elle. Ni l'éducation de ses enfants. On ne peut choisir ni son régime d'assurance maladie ou chômage, ni le montant de ses cotisations. On ne peut transmettre à ses enfants qu'une partie de ce qu'on a économisé pour eux. Et acheter sa maison, comme l'ont fait plus de la moitié des Français, revient à être le locataire des élus locaux, à qui il faut verser des taxes sans cesse croissantes, équivalentes à un véritable loyer : à Montpellier, près de 60 % de la valeur locative annuelle de son logement (cumul taxes foncières et d'habitation, pour un propriétaire résident).

La justification de ces énormes prélèvements repose sur
le dogme de la redistribution des revenus par l'Etat sous couvert de solidarité et de justice sociale. Mais ce dogme suppose que tous les revenus procèdent de l'Etat, comme sous l'Ancien régime ils procédaient du Roi. Or il n'en est rien. Les richesses sont le fruit du travail des citoyens, et d'eux seuls. Elles leur appartiennent donc. Admettre leur redistribution par l'Etat relève d'une pensée féodale ou tribale, comme l'ont souligné maints économistes. C'est admettre la spoliation, car c'est par la force que l'Etat prend aux uns pour le "redistribuer" aux autres - sans compter tout ce qui s'évapore pendant le transfert.

Après avoir ressuscité le Grand redistributeur et ses obligés, nos gouvernants ont ressuscité les seigneurs féodaux avec la loi Deferre de 1982 sur la décentralisation. En effet depuis cette date les exécutifs locaux peuvent fixer à leur guise le montant des impôts locaux. Comme sous l'Ancien régime, on trouve donc en France une grande disparité selon les provinces ou les villes. A Montpellier on prélève près de 60%, à Lyon 37%, à Paris 17% (chiffres de 1998) . Et la
loi sur l'intercommunalité votée en 1999 va renforcer encore le pouvoir de quelques potentats locaux. Le maire de Montpellier va ainsi disposer de plus de 7 milliards de francs par an à partir de l'an 2000, sans aucun contrôle digne de ce nom.

Ceux qui doutent de notre comparaison avec la féodalité n'ont qu'à aller assister aux séances du Conseil districal ou du Conseil municipal de Montpellier. Ils y verront un monarque entouré de courtisans jongler avec les milliards des contribuables, et accabler de sa morgue tous ceux qui osent lui demander des comptes.

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Sommes-nous des démagogues ?
(Préambule de la lettre n.3)

    Certains élus ont l'habitude de traiter ceux qui réclament une baisse des impôts de démagogues. Ils s'appuient sur ce lieu commun selon lequel se battre pour payer moins serait un combat facile, car tout le monde est d'accord d'emblée. La démagogie consistant donc à flatter l'intérêt personnel de chacun au détriment de l'intérêt collectif. Quant à eux, ils mèneraient au contraire un combat courageux et altruiste en poussant à la dépense publique, au risque d'être impopulaires.

    A quoi on pourrait rétorquer qu'il n'est pas vraiment difficile d'être généreux avec l'argent des autres, surtout lorsqu'il sert à s'acheter une clientèle électorale. Mais nous voudrions ici surtout souligner ce que notre combat a de positif pour toute la société, en affirmant que se battre pour que chacun conserve et utilise personnellement son argent, c'est aussi se battre pour une société plus heureuse car plus libre.

    En France, plus de la moitié de la richesse créée par les Français chaque année leur est confisquée sous forme d'impôts, taxes et cotisations forcées, pour être ensuite "redistribuée". Cette spoliation se perpétue grâce à la domination de deux idées avec lesquelles les hommes politiques intoxiquent les Français depuis des dizaines d'années: le mépris de l'argent privé et la supériorité de la dépense publique.

    A propos de la première idée, on se souvient des discours enflammés d'un certain président fustigeant le pouvoir de l'argent et l'enrichissement personnel. Cette vieille suspicion a la vie dure en France. Pourtant, dans une économie saine, l'argent n'est rien d'autre que la récompense d'une activité utile aux autres. "Dénigrer l'argent, c'est inciter les individus à ne plus s'intégrer dans la société" écrivait Jean-Louis Caccomo dans Midi Libre du 24 novembre 1997. Nous partageons ce point de vue. Et nous pensons en outre que l'argent gagné génère le pouvoir d'achat, qui est tout simplement le pouvoir de choisir sa vie, de réaliser ses projets et de s'épanouir. Rogner le pouvoir d'achat des citoyens, c'est à coup sûr leur rogner les ailes, avant même de savoir si la redistribution aura une quelconque utilité.

    Et là on retrouve la deuxième idée, selon laquelle la dépense publique serait plus efficace pour la bonne marche de la société. Or toute l'histoire de ce siècle finissant montre qu'il n'en est rien : les sociétés collectivistes ont été non seulement un échec économique, mais aussi un échec social, dans la mesure où elles ont engendré des univers de médiocrité, de frustrations et d'absence de libertés. Même si la France n'est pas un pays de l'Est, nous voyons bien autour de nous combien c'est vrai : plus on prend les individus en charge, et plus on les transforme en assistés vindicatifs. Il n'y a jamais eu autant de pauvres depuis qu'on a institué le RMI, ni autant de délinquants depuis qu'on déverse de l'argent sur les "quartiers difficiles".

    De plus la dépense publique, parce qu'elle passe par la spoliation forcée de ceux qui réussissent, en s'appuyant sur les envieux, réduit l'espace général de liberté et introduit dans la société, non des éléments d'harmonie, mais des germes de rancoeur et de violence. Sans compter le clientèlisme et la
corruption qu'elle engendre chez les élus entre les mains desquels passent les milliards: à chacun sa démagogie !

Nous n'avons donc point de honte à prendre la défense du droit de propriété, car il n'est que celui de pouvoir disposer librement du fruit de son travail. Il est par là-même le fondement des autres droits de la personne, et le fondement d'une société libre et prospère, comme l'avaient compris nos ancêtres de 1789.  

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Manifeste: Pourquoi une association de contribuables?
(Préambule de la lettre n.1 - mars 1999)

L’Association des contribuables de l’Hérault a pour ambition de rassembler les contribuables du département dans un mouvement le plus large possible, de façon à faire pression sur les hommes politiques de nos communes, de notre département et de notre région, quelle que soit leur couleur politique, et à obtenir la baisse des impôts locaux.

Nous constatons en effet que depuis quelques années le poids de la fiscalité locale augmente fortement partout en France, et particulièrement dans l’Hérault. Ainsi depuis les dernières élections municipales de 1995, la taxe d’habitation a augmenté de 20 % à Montpellier, et la taxe professionnelle de 21 % - d’après l’enquête du quotidien économique “Les Echos” du 14 septembre 1998. La France est un des pays les plus taxés du monde, et l’Hérault est un des départements les plus taxés de France.

Pourtant nous ne constatons pas d’amélioration correspondante des services publics. Au contraire, des services essentiels comme la sécurité, la justice, et les transports nous semblent de moins en moins bien assurés, tant nationalement que localement. A quoi sert donc notre argent? Nous craignons qu’il ne serve surtout à constituer aux élus des clientèles électorales. Ce que nous observons, c’est la multiplication du nombre des fonctionnaires et des assistés, ce sont des cas de gaspillage et de corruption de plus en plus nombreux, ce sont des collectivités vivant au-dessus de leurs moyens.

Sur ces deux questions l’analyse de la fiscalité locale, et la surveillance de l’utilisation du produit de nos impôts, nous allons mener un travail d’enquête et d’alerte de l’opinion publique, encouragés par les succès de l’association nationale Contribuables Associés, dont nous voulons relayer le travail sur le plan local.

Dans certains pays (en Suède, aux Etats-Unis), la révolte des contribuables a obligé les hommes politiques à inscrire dans la loi le plafonnement de certains impôts, ainsi que des réductions automatiques des dépenses publiques. Pourquoi n’y parviendrait-on pas en France ?

Pour cela une seule voie constituer un mouvement qui représente un poids électoral. C’est ce à quoi nous allons nous employer.

Rejoignez-nous

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen:
Article 14: "Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée."
Article 15: "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration"

 

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